retour …

Nous voici revenu.e.s à la surface de la vague … En effet, notre blog était parti inopinément se cacher derrière un mois d’octobre encore trop beau pour reprendre du collier ! … au grand dam de ses concepteurs qui souhaitaient tant vous informer et garder contact …

Donc, quelques informations sous forme d’une liste à la Borges pour rattraper le temps sans vous, sans nous …

Fédération des pratiques : réunion du 22 septembre 2018 à laquelle nous avons contribué
Assistance nombreuse, équivalente à la réunion précédente . Une majorité de « soignants » (psychiatres, psychologues, sociaux…), quelques « soigné.e.s » ou « ex-soigné.e.s » et sauf le Fil conducteur, pas de famille-fratrie.

Points essentiels relevés
– Dégradation des pratiques et des lois, depuis 2011, accentuée par la récente loi Buzyn,
– Forte augmentation des hospitalisations sans consentement, depuis 2011 ( critère nouveau du « péril imminent » ), dégradation de l’accueil hospitalier et problème général de formation à la souffrance psychique : policiers, juges, infirmiers.
– Dans l’hôpital: fort turn-over du personnel soignant, notamment infirmier (plus de lien, ni de suivi des personnes), architecture de l’hôpital psychiatrique comme lieu d’enfermement, malades stigmatisés par leur tenue (pyjamas…) ; insensibilité des personnels soignants (liée à la « peur » ou au turn over) : habitude par rapport à certains comportements, lieux où on ne prend plus conscience de la gravité de certaines souffrances : « ce n’est pas grave« , c’est normal« .
– Retour à une vie sociale ou à l’emploi mal balisé et peu efficace. À leur sortie de l’hôpital, les personnes continuent d’être enfermées dans des parcours qui ne leur permettraient pas de retrouver une vie « normale » .
Présentation du Fil conducteur
Les trois points du texte préparé en réunion ont été présentés (Michelle L.) avec un accent mis sur :
la spécificité de la maladie psychique et les souffrances qu’elle induit chez le patient, dans l’institution, dans les familles, souffrance qui devient un obstacle à un apaisement et à l’efficacité des soins.
le rôle et les besoins des familles- fratries : « le potentiel soignant des familles, comme des malades a été écrasé » (P.Bichon), nécessité d’un soutien, en particulier pour les jeunes enfants et adolescents.
le rétablissement de la qualité hospitalière de l’hôpital refuge, asile.
À cette occasion on a parlé de la réunion des « exceptions » qui sera sans doute adoptée comme nom de la Fédération : La Fédération des exceptions.

SOUHAITS & DÉCISIONS

Nécessité de cette Fédération comme « refuge, asile, lieu où reprendre des forces« : « il faut qu’on se cause … il faut des rencontres régulières mais il faudrait aussi que « quelque chose se passe entre les réunions »
Organiser des rencontres, locales ou régionales entre les différents groupes qui agissent un peu isolément
-Créer un blog avec des renvois vers les différents sites existants et étudier la possibilité d’un forum de discussion (deux personnes ont pris en charge cette tâche)

Prochaine réunion le 8 décembre à 14h, Lieu Dit, rue Sorbier 75020

Vous pouvez aussi aller lire le « blog de Mathieu Bellashen » sur Médiapart qui a fait un compte rendu exhaustif accompagné du lien pour écouter cette réunion enregistrée

Nous apprenons, par une adhérente, la sortie du film

ANDRÉ ROBILLARD, EN COMPAGNIE ( 2018, 93 minutes )
de Henri-François Imbert
EN SALLES LE 14 NOVEMBRE 2018

AVANT-PREMIÈRE LE 6 NOVEMBRE 2018 À 20H45
Au Forum des Images dans le cadre du cycle doc&doc, présenté par Documentaire sur grand écran.
Programme de la soirée La vie, à la folie https://www.docsurgrandecran.com
Invitations dans la limite des places disponibles, réservation indispensable par courriel :
contact.librecours@gmail.com
RENCONTRE AVEC ANDRÉ ROBILLARD ET HENRI-FRANÇOIS IMBERT
LE 14 NOVEMBRE 2018 AU SOIR
Au cinéma L’Espace Saint-Michel, 7 place Saint-Michel à Paris.
Horaires de la rencontre et des autres séances à L’Espace Saint-Michel :
http://espacesaintmichel.free.fr/horaires/frame.htm
Signature du livre Henri-François Imbert, libre cours
Entretiens réalisés par Quentin Mével, précédés d’un essai critique de Raphaëlle Pireyre,
éditions Playlist Society 2018,
le 6 novembre 2018 au Forum des Images à l’issue de la rencontre,
le 7 novembre 2018 à 19h30 au café Hang’Art, 61, quai de la Seine, 75019 Paris.

Vous pouvez suivre la programmation du film et des projections-rencontres dans les autres salles sur le lien :
http://www.lecinemadehenrifrancoisimbert.com

Vous pouvez également soutenir la distribution du film en préachetant son dvd et les dvd des deux autres films réalisés par Henri-François Imbert avec André Robillard :
André Robillard, à coup de fusils ! (1993, 25 minutes), André Robillard, en chemin (2013, 80 minutes) avec la campagne de financement participatif https://fr.ulule.com/andre-robillard-en-compagnie.

PARUTION DU N° 9 de la revue LES NOUVEAUX CAHIERS POUR LA FOLIE

Les Nouveaux Cahiers pour la folie sont nés il y a neuf ans d’un pari sur l’utopie. Dans une période où tout concourt à faire taire les « voix » de la folie, et jusque dans les milieux psychiatriques, cette revue se propose à recevoir des propositions émanant de diverses personnes impliquées dans les différents bords de la folie. Concrètement, y interviennent tant des personnes soignées en psychiatrie que des personnes ayant fonction de soignant, ou tout un chacun qui se sent concerné à quelque titre que ce soit.

Pour celles et ceux qui le souhaitent, vous pouvez trouver ce recueil au 28e Salon de la Revue qui se tiendra à la halle des Blancs Manteaux les 9, 10 et 11 novembre
48, rue Vieille-du-Temple, 75004 Paris
Vendredi 9 de 20 à 22h
Samedi 10 de 10h à 20h
Dimanche 11 de 10h à 19h30
Cette revue paraît chaque année, et est vendue au prix de 10 euros.

Appel à la réunion pour la création d’une fédération des pratiques

Samedi 30 juin 2018 à 16h
Au Lieu-dit, 6 rue Sorbier, Paris 20ème

Comme annoncé lors des XVI rencontres de la Criée les 1 et 2 juin 2018, où fut diffusé le Manifeste pour une fédération des pratiques, il parait essentiel d’appeler à une réunion ouverte à tous ceux et celles qui souhaitent créer cette fédération. Il s’agit de construire le support nécessaire pour nous relier les uns aux autres, sortir de l’isolement et nous rassembler tout en gardant le souci du singulier et de l’hétérogène.
Signé : Collectif pour la Création d’une fédération des pratiques

Le manifeste lancé par le centre Artaud

« MANIFESTE POUR UNE FEDERATION DE PRATIQUES
Depuis plus de 20 ans, le champ de la folie et de la souffrance psychique a connu une
destruction renforcée des institutions par les politiques de « santé mentale » et du handicap, destruction s’’appuyant sur un utilitarisme économique et subjectif avec son cortège de découragement et de résignation.
Les analyses critiques expliquant la destruction de la psychiatrie dans un sens humaniste et émancipateur abondent. Devant ces éclairages tant pertinents qu’accablants, les perspectives proposées se fondent souvent sur des formes ou des modèles préexistants (le secteur, le conseil national de la résistance, la psychothérapie institutionnelle etc.).

S’il est nécessaire et même indispensable de s’appuyer sur l’histoire des pratiques, des luttes et des rêves de séquences antérieurs, ils ne peuvent suffire pour résister au présent. La posture de résistance est elle-même insuffisante tout comme celle de défense des acquis.
Une nouvelle strate est à construire, un support pour nous rassembler, retrouver de l’énergie, et reconstruire l’imaginaire de nos praxis en échangeant entre nous.
Depuis dix ans, nous assistons à des émergences créatrices de nouvelles formes de pratiques et de luttes, de nouvelles circulations entre des lieux (qu’ils soient de soins, de création, d’espaces citoyens et associatifs), entre des personnes autrefois séparées par des catégories étanches (usagers-patients, familles, professionnels). Toutes ces pratiques inédites ne sont ni suffisamment visibles ni suffisamment audibles dans notre société.

Pourtant elles existent et concourent à fabriquer du nouveau là où elles existent.
Depuis dix ans ces formes nouvelles de liens se construisent à partir d’autant de lieux
différents qu’il y a de pratiques et de personnes désireuses de les faire vivre (cliniques,
politiques, militants, associatifs…).
Aujourd’hui, un lieu de rassemblement apparaît nécessaire puisque ces formes instituantes s’appuient toujours sur un certain rapport à l’institué, que ce soit celui d’un service public, d’une association, d’un syndicat, d’un collectif ou autre.
Or l’époque est à la destruction de ce qui est institué dans une direction non utilitariste (les services publics dont l’hôpital public, les protections et sécurités sociales, les associations, etc.), ce à quoi nous nous confrontons au quotidien dans nos lieux de travail, de soins, de vie.
Pourtant dans cette fragmentation du lien social – et peut-être dans une certaine mesure à partir d’elle- de nouvelles articulations dans les pratiques surgissent. Au cloisonnement
toujours plus intense des établissements, des personnes et des statuts de chacun répondent de nouvelles circulations entre les gens et les institutions. Nous pensons à l’émergence du TRUC (terrain de rassemblement pour l’utilité des clubs) où des collectifs de soins (patients et soignants) se retrouvent de façon régulières et itinérante pour discuter, construire, fédérer des initiatives et des désirs à partir de leurs pratiques locales.
Nous pensons également à de nouvelles façons de s’associer et de penser le politique entre « usagers »/patients, professionnels, ex-psychiatrisés, chercheurs, universitaires, artistes, citoyens (l’association Humapsy, le CRPA, le collectif des 39, la Main à l’oreille, le RHAPP, le confCAP et le collectif CAP Droit, le Fil conducteur psy, la FIAC, la Criée…).
Nous pensons à celles et ceux qui tiennent – ou tentent de tenir- là où ils sont avec des
supports divers (syndicats, collectifs soignants, réseaux militants, associations, mouvements sociaux).
Nous proposons de rassembler ces initiatives pour continuer de construire ces nouvelles
circulations, pour échanger, tenir et inventer localement et, en se rassemblant, de créer une strate plus large au niveau de la société.
Le pari serait de construire un lieu de rassemblement sur le mode fédératif, à partir des
pratiques collectives qui se confrontent aux réalités concrètes et qui tentent de les transformer.
En se passant de tout centre dirigeant, de tout programme pré-établi, mais en se tenant au plus près du surgissement clinique et politique. Et en incluant toutes les initiatives existantes qui voudraient s’y adjoindre, en enrichissant ainsi cette nouvelle forme qui s’appuierait ainsi sur les strates précédentes.
Nous sommes toutes et tous des fragments de la société qui peuvent se rassembler, agencer de nouvelles formes, composer de nouvelles forces. Quoique présente depuis quelques décennies, la situation est nouvelle et impose d’y répondre de façon nouvelle, d’où la nécessité d’une nouvelle forme à construire en commun.
D’où cet appel destiné à tous ceux qui se sentiraient concerné(e)s, et aimeraient se
coordonner, sur un mode qui reste à construire en tenant compte des singularités mais
aussi de la nécessité d’un rassemblement.
Signatures des personnes et collectifs:
Association La Criée, CRPA, Association La Colifata, Humapsy, Association Les Psycausent, Association Et Tout et Tout,  Association Le Fil Conducteur Psy, Commission Psy soins et accueil, le collectif soignant La Ratroupe (les Murets), Sébastien Daux- Président du GEM La Locomotive, Céline Pascual Vidal – Association Culturelle du personnel de Saint Alban… Alain Abrieu, Mathieu Bellahsen, Michèle Benhaïm, Agnes Beorchia, Cecile Bourdais, Philippe Bichon membre des 39, André Bitton président du CRPA, Pascal Boissel CN USP, Jean Michel Carbunar, Christophe Chaperot, Patrick Chemla, Pierre Dardot, Géraldine Delcambre, Sandrine Deloche, Emmanuel Kosadinos CN USP, Christian Laval, Daniele Levy, Fanny Lung SOFOR, Jean Pierre Martin CN USP, Magali Miane, Simone Molina, Marie France Negrel, Raymond Negrel, Françoise Nielsen, Alfredo Olivera, Severine Ouaki, Christelle Pourrier, Benjamin Royer, Serge Klopp, Marc Pélissier, César Forcioli, Pierre Kammerer… »

les funambules …

… une association crée par Hélène Davtian pour accompagner les fratries … allez voir et écouter son interview réalisée fin mai avant la tenue du premier Psychodon. Retenez le nom de cette association amie : les funambules

Le Centre Artaud a lancé un Appel à une large unité. Le texte est consultable sur leur site la Criée

 

Le plan Hirsh… Tout sur les caméras !

Interviewé par les médias ces derniers jours, le DG de l’AP-HP a décliné l’usage qu’il fera des 39 millions de dotation budgétaire.

Probablement inspiré par le Festival de Cannes, il entend résoudre la montée des violences des patients vis à vis des soignants en installant des caméras, mais celles-ci,  de surveillance sur le même modèle que celles des Aéroports de Paris (A.D.P).

On se prend à entendre N. Sarkozy appelant au renforcement du contrôle dans les Hôpitaux Psychiatriques (H.P)  qui furent dotés de caméras, sans parler de l’usage systématisé de sangles de contention, de chambre d’isolement mais de personnels soignants …. NON.

DU PERSONNEL POUR HUMANISER LE SOIN : POINT ! DU CONTRÔLE POUR RENFORCER LA VIOLENCE INSTITUTIONNELLE : OUI et DE PLUS EN PLUS !

Voilà des années déjà que les soignants, les associations des patients, les familles dénoncent les conditions déshumanisantes qui prévalent dans les H.P, dotés de caméras, de systèmes de surveillance. Ce système s’étend aujourd’hui à l’ensemble de la sphère hospitalière. Plutôt que renforcer les moyens humains en personnel soignant, la réponse se résume à : RÉPONDRE À LA VIOLENCE PAR LA VIOLENCE DE LA SURVEILLANCE SYSTÉMATIQUE ET AINSI RENFORCER LE CERCLE INFERNAL QUI SE REFERME SUR LES SOIGNANTS, LES PATIENTS, LEURS PROCHES ET LEURS FAMILLES

À voir et à lire …

À voir … même si vous n’habitez pas dans le Château de Vincennes ! …

Cinéma Le Vincennes | Film – AU JOUR LE JOUR, À LA NUIT LA NUIT

À lire et à voir

L’Hécatombe des fous, sur la plateforme Spicee, sur abonnement

(1) Un reportage poignant sur l’hécatombe (45000 morts) dans les hôpitaux psychiatriques durant la deuxième guerre …

Saisir la profondeur de l’Histoire pour comprendre les tendances lourdes spécifiques, semble-t-il, à la France.

 

Semaine de la folie ordinaire

Samedi 24 mars 18, dans le cadre de la Semaine de la Folie Ordinaire[1], nous avons participé aux ateliers /débats organisés par Humapsy, Psy-soins-accueil, la parole errante demain, les Éditions d’une, de nombreux G.E.M ….

Le vaste espace du lieu couvert de gradins était plein d’une assistance attentive. Pas de chiffrage ni de sondage, on vous en fait grâce !!!!

3 ateliers organisés autour : 1/ des « savoirs expérientiels des patients », 2/du rôle de la psychanalyse et 3/ la question de la contrainte et des pratiques de contention et d’isolement que nous avons portée avec le Cercle de Réflexion et de Proposition d’Actions sur la psychiatrie (C.R.P.A).

Les pratiques de contention et d’isolement qui se généralisent ont fait l’objet d’un guide « de Recommandations de Bonnes Pratiques » R.B.P de l’HAS. Ces mesures présentées comme exceptionnelles et de dernier recours seraient ainsi considérées comme du soin ? Seraient ainsi considérées comme contenantes ?

La confusion entre contention et soins, entre contenir et contraindre par la violence physique permet

  • la généralisation de pratiques inhumaines sur des personnes en situation vulnérable et ce dès l’hospitalisation, donc en premier recours comme l’ont souligné plusieurs soignants qui l’observent sur leur lieu d’activités,
  • la généralisation des discours de justification des directions d’hôpitaux,
  • l’aveuglement des organisations institutionnelles comme la HAS et les ARS qui ne voient rien. Elles s’étonnent juste lorsque l’alerte est donnée par la CGLPL.

Avec tous les participants présents à l’atelier, puis en collectif nous portons et porterons l’impératif de L’ABOLITION DE LA CONTENTION ET LA MISE EN PLACE D’UN OBSERVATOIRE CITOYEN DES PRATIQUES PSYCHIATRIQUES.

Merci de nous faire remonter tous les témoignages sur ces pratiques d’un autre âge

[1] Les Semaines de la Folie ordinaire ont été créées en 2011 à Reims par le collectif Artaud, un collectif de patient-e-s et soignant-e-s, en contrepoint des Semaines d’information de la Santé mentale.

 

À faire circuler …

Les 22 & 23 juin à Biarritz, un congrès pour explorer l’état de l’art des nosographies qui se dessinent actuellement. Plus d’information sur le site : Corps et Psyché

ET PUIS, en matière de droits des patients, le CRPA nous informe d’un arrêt que vient de rendre la Cour de Cassation sur l’isolement & la contention :

« L’ordonnance contestée en cassation de la Cour d’appel de Versailles du 24 octobre 2016 avait accordé la mainlevée d’une mesure de soins sur décision du représentant de l’Etat au motif que la mise à l’isolement du fils des requérants entre-temps transféré à l’UMD de Montfavet, n’était pas régulière au regard des textes en vigueur sur la traçabilité de l’isolement – contention.
La Cour d’appel de Versailles s’était au surplus considérée compétente à statuer sur cet état de fait en tant que garant des libertés individuelles au visa de l’article 66 de la Constitution qui fait du juge judiciaire le juge compétent pour garantir les libertés individuelles. »

A. Bitton du CRPA. Plus d’informations en cliquant sur leur site