Le Rouvray, appel du Printemps de la Psychiatrie à l’AG unitaire du 30 novembre prochain, réponses à la déclaration gouvernement …

Accablant rapport de la CGLPL sur la situation au Rouvray … douloureuse lecture de son rapport qui fustige les pratiques illégales, les conditions dégradantes, humiliantes et inhumaines dans lesquelles sont plongés les patients … pratiques dénoncées par les soignants …

https://www.mediapart.fr/journal/france/251119/psychiatrie-adeline-hazan-etrille-le-centre-hospitalier-du-rouvray

Comme pour illustrer, s’il fallait des illustrations en preuve, voici 4 nouvelles pages de la BD d’une patiente :

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Communiqué commun en réponse aux déclarations gouvernementales :

« Le premier ministre ne répond pas à la gravité de la situation »

Communique_ unitaire 20-11-2019

Appel du Printemps de la Psychiatrie à l’AG unitaire du 30 novembre prochain

COMMUNIQUE PRINTEMPS PSYCHIATRIE – Hôpital de rue éphémère le 14 novembre 2019

 

Si par hasard …

Avez-vous entendu l’écho de cette pétition qui vise à bannir la psychanalyse des bancs de l’Université, des tribunaux … Ce n’est pas nouveau mais ce qui l’est, c’est la mise à l’index pour bannir la psychopathologie et la psychanalyse de toutes les sphères de la vie publique. En somme, un appel à l’obscurantisme et à l’ostracisme.

Pour mieux cerner ce que recouvrent ces attaques régulières voici 3 liens avec les contributions sur leur blog « Médiapart », notamment de Paul Machto, de Benjamin ROYER, de Pascal Boissel. Des articles qui permettent de saisir le sens profond de ces tentatives.

https://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/311019/si-par-hasard-tu-croises-la-psychanalyse-friponfais-gaffe?fbclid=IwAR1mjdnqAvFa3JmSC8fdLFFtC46TNDJdn23NhQPirLGXqEz5dtprMjMD_KI. Paul Machto

Des origines économiques des sciences neurocomportementales à leur utilisation politique en psychiatrie et dans l’éducation. Benjamin Royer

https://blogs.mediapart.fr/royer-benjamin/blog/011119/les-sciences-neurocomportementales-nouvelle-avancee-du-neoliberalisme

https://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/031119/la-psychanalyse-mise-au-ban-defendons-la-liberte-de-pensee Pascal Boissel

Et puis, les 4 pages suivantes de la série BD d’une patiente …

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« Je n’écarte pas d’un leste revers de la main l’effarant prodige ….

  • que constitue la possibilité de vivre, d’aimer ou d’échouer dans une gerbe d’écume… » René Char.

Mais ce pourrait être tout autant les mots surgis au détour d’une conversation d’une des personnes interviewées, patient.e.s, très patient.e.s par rapport à un système de soins très maltraitant, de plus en plus maltraitant.

Nous allons vous faire partager une série d’images, une BD d’une patiente qui raconte, en texte et en dessin, le récit de son hospitalisation sous régime (banalisé) d’isolement et de contention. La BD compte 35 pages. Nous livrons les pages par 4, à chacune des rubriques qui suivront au long de ce mois. Puis, une fois l’ensemble des pages BD présentées, la BD complète sera également accessible dans l’onglet « témoignages ».

Et dans cette même rubrique, des liens vidéos d’interviews de patients

Et dans cette même rubrique la couverture et la 4ème de couverture d’un livre remarquable d’une femme remarquable : Marie Rajablat. Elle a oeuvré sur le bateau « l’Aquarius » pour sauver des migrants des flots mortifères. Comme quoi l’humanité est une posture et une leçon de vie ; pas seulement un slogan qui s’arrêterait aux portes du soin.

Et puis, une fois n’est pas coutume, nous sommes en accord avec la lettre que la présidente de l’UNAFAM a adressé aux adhérent.e.s sur le référendum citoyen mis en ligne par le gouvernement sur le Revenu Universel d’Activité, R.U.A. POUR DIRE NON À L’AMALGAME qui vise à fondre l’AAH dans ce vaste ensemble au motif que le système « d’aides sociales » serait un mille feuilles trop compliqué. À grand renfort de pub, de vidéo, d’ateliers coiffés inopinément « d’ateliers citoyens », le gouvernement en appelle à participer. Sauf que L’AAH n’est pas une aide sociale ; elle ne peut être conditionnée à un retour vers l’activité, maître mot des politiques en matière de santé : l’inclusion. Vite, vite réinsérer dans un contexte d’emploi atone depuis des décennies où même les moins fragiles peinent à (re)trouver un emploi. Le seul bémol, c’est que nous disons : ne participez pas à ce référendum qui vise uniquement à permettre au gouvernement de chercher une caution pour « voiler » ses funestes intentions. 

 

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BP ? Non ce n’est pas British Petroleum … Ce sont les huiles du ministère de la santé qui ont commis cet arrêté à l’attention des BiPolaires (BP) pour leur concocter un parcours de soins aux petits oignons et en droite ligne des politiques de « santé ». Car ils coûtent cher ces chers malades. Alors, vite des diagnostics « standardisés » et des parcours de soins suivis par des « case managers« . Où sont-ils donc ces « case » de manager ? Avez-vous déjà rencontré un « case manager » ? Vous pouvez témoigner en nous envoyant un témoignage. Puis pour ne pas faire peur aux malades, c’est leur pharmacien qui vérifiera la « compliance » et le respect de l’ordonnance… et les « hétéro questionnaires » pour aider aux diagnostics, ensuite les applications numériques … ce qui fait dire à un des inscrits sur le fil mail du Printemps de la psychiatrie : « mon médecin est un algorithme » !…

Vous n’y croyez pas ?… hélas, vous pouvez lire l’arrêté que nous mettons en fin d’article.

Pour s’en remettre et se soigner la tête, mieux vaut aller voir le film : « Les heures heureuses » : « Pendant la Seconde Guerre mondiale, 45 000 internés sont morts dans les hôpitaux psychiatriques français. Un seul lieu échappe à cette hécatombe : l’asile de Saint-Alban-sur-Limagnole. À partir de précieuses archives filmées et des récits de ceux qui y ont travaillé, le film nous plonge, sur plusieurs décennies, dans l’intensité d’un quotidien réinventé, où courage politique et audace poétique ont renouvelé le regard porté sur la folie. »

Les heures heureuses

Et l’arrêté … BP !!!

PassportBP

Le dernier rapport parlementaire … des nouvelles du Rouvray et … d’ailleurs, à ce propos …

Le ènième rapport parlementaire sur la psychiatrie présenté à l’Assemblée  le 18 septembre dernier, objet d’un article paru dans le Monde du 20/09/19 dénonce un état des lieux « qui semble se complaire dans le catastrophisme et stigmatise patients et soignants« , selon le communiqué, auquel nous souscrivons, de la Conférence des Présidents de Commissions médicales d’établissements des Centres hospitaliers spécialisés, CME-CHS.

Quelques extraits dudit communiqué :

« Rarement un rapport confondant à chaque page les termes de psychiatrie et de santé mentale ne s’était montré si outrancièrement catastrophiste, reprenant à son compte les difficultés connues et des carences maintes fois dénoncées par les professionnels eux-mêmes, sans qu’il ne soit jamais fait mention des démarches constructives actuelles qu’ils réalisent pour y remédier….
…..Tout se passe comme si ce rapport tombait à point nommé pour en finir avec la psychiatrie publique, et dissoudre son organisation dans un dispositif de santé mentale essentiellement ambulatoire, limitant l’hospitalisation aux soins sans consentement, multipliant des équipes toujours plus mobiles, réduisant des psychiatres à des collaborateurs de centres experts délivrant des programmes standardisés de réhabilitation, des infirmiers de pratiques avancées et des psychologues isolés, et ouvrant la voie à la mise en place d’un dispositif de défense sociale aux antipodes de la conception du soin psychique en France et abondamment critiqué en Europe. Pouvait-on nier plus injustement la réalité de la maladie mentale et la mission de la psychiatrie publique ? »

Y aurait-il encore besoin d’exemples pour illustrer ou venir en appui du propos ?

Les équipes du Rouvray ont repris leur grève, arrêtée sur les décisions annoncées par l’A.R.S entre autres, de renforcement des postes, d’octroi de lignes budgétaires, et puis … RIEN sinon l’arrivée d’un nouveau directeur, venant de l’A.R.S précisément, connu pour mener une gestion de « main de fer » et qui s’acharne à multiplier les déclarations gonflant les chiffres des postes en « équivalent Temps Plein ».

Mais pourquoi donc penser à une certaine série télévisée « mytho » ? Serait-ce le mode de « GOUVERNANCE » en ces temps troubles ?

Dans la rubrique « badNews » et non pas « fakNews », suivez l’actualité juridique en cliquant sur le lien du CRPA, à droite en haut de la page écran. Vous apprendrez que le croisement des données des patients hospitalisés sous contrainte et celles sur les personnes potentiellement en lien avec le terrorisme est bel et bien maintenu.

Mais pourquoi donc penser que les périodes de crises socio-éco, politiques, idéologiques sont des périodes porteuses de toutes les confusions : de rôles, de places, du sens de la chose publique, du langage qui se vide et s’effondre ?

L’actualité foisonne de mouvements sociaux dans le monde hospitalier (si peu hospitalier au demeurant !). Le Printemps de la psychiatrie, lien toujours en haut droit de la page écran, en donne l’écho. Allez-y. Ce sont des sites amis.

Mais alors pourquoi lire, relire, et penser ?

POUR AGIR

  • Lire l’article « Le cauchemar de l’hôpital du futur » paru dans le Monde diplomatique du mois d’octobre qui éclaire avec une acuité singulière, peu connue, les ressorts de la casse des services publics de santé.
  • Lire le dernier livre de Cynthia Fleury, philosophe, psychanalyste :
  • « Le soin est un humanisme« , paru dans la collection tracts Gallimard, n°6. En plus il ne coûte que 3,90 €.
  • Guetter la parution le 14 novembre du livre à la très belle couverture brüghelienne co-écrit par Yves Gigou et Patrice Coupechoux

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La psychotèque

Lionel Belarbi, pensionnaire depuis le 5 novembre 2018 à la
Clinique De La Borde présente son premier livre sur la psychiatrie en France et
surtout ses séjours en psychiatrie aiguë.Pour obtenir le livre en numérique gratuitement contactez-le sur
lionel.belarbi@gmail.com

Voilà ce qu’en dit France Art TV :

« Le témoignage « La psychothèque », est un ouvrage « vrai », et Lionel
narre ses séjours de manière corrosive, mais aussi avec humour ou un
sérieux saupoudré d’anecdotes. C’est cash, sans langue de bois, cru
quelquefois, lorsque l’auteur nous livre un avis très personnel sur le
milieu psychiatrique. On passe facilement du rire aux larmes avec
sincérité dans ce livre témoignage poignant. Même si le mot fou est
souvent source de beaucoup d’humour. D’ailleurs ne le sommes nous pas
tous un peu ?…« Disponible à La Fnac ou sur commande dans toutes les librairies de France.

https://livre.fnac.com/a9314173/Lionel-Belarbi-La-psychotheque

Vous pouvez également passer directement par lui pour l’achat du livre
avec une dédicace. Il réside au secteur de l’extension chambre 16 à
La Borde.

Bonne lecture

P.S deux interviews et sa vision sur la psychiatrie ci-dessous :

Ici
https://putsch.media/20190226/interviews/interviews-culture/lionel-belarbi-la-psychiatrie-et-la-sante-mentale-en-france-sont-couteuses-et-manquent-cruellement-de-financement/

Et là https://france-art.tv/2019/01/23/parenthese-lionel-belarbi

Le décret scélérat

Lettre ouverte à Monsieur Malik Salemkour, Président de la Ligue des Droits de l’Homme

La dégradation continue des services publics de psychiatrie depuis des années faute de moyens, faute de lits, faute de mesures et de structures d’accompagnement s’inscrit dans un cadre de contraintes sécuritaires de plus en plus prégnantes : caméras de surveillance, pratiques de contention et d’isolement devenues banalisées, hospitalisations sous contrainte en hausse.

C’est dans ce contexte que le décret n° 2019-412 du 6 mai, 2019[1] modifiant le décret 2018-383 du 23 mai 2018, autorise les traitements de données à caractère personnel relatifs au suivi des personnes en soin psychiatrique sans leur consentement.

Entre autres données d’identification d’une personne en soin psychiatrique sans consentement déjà fichée depuis la mise en place du fichier HopsyWeb, ce décret autorise que les nom, prénom, date de naissance, fassent l’objet d’une mise en relation avec les données d’identification enregistrées au fichier des personnes surveillées pour radicalisation ou en lien avec le terrorisme, fichier FSPRT.

Le croisement entre ces 2 fichiers constitue une atteinte grave aux droits des patients. Il rend les soignants et les familles complices. Doublement complice. Complice de la désignation à la police de personnes en détresse psychique, en violation du droit des patients, en violation du secret médical pour les professionnels du soin psychiatrique. Depuis plusieurs années, la confusion est entretenue entre maladie mentale, dangerosité et terrorisme

La quasi totalité des représentants institutionnels du monde de la psychiatrie, entre autres, demandent le retrait de ce décret : le Conseil National de l’Ordre des médecins, le syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) ainsi que des associations (UNAFAM) ; y compris l’Association des Etablissements du Service Public en Santé Mentale (ADESM) et plusieurs recours auprès du Conseil d’État sont engagés ou en cours d’engagement.

Nous, Fil Conducteur Psy, réunissant des familles, parents et fratries, des patients et des soignants, tous touchés à des places différentes par la maladie psychique et sa prise en charge, vous demandons d’engager la LDH pour le retrait de ce décret liberticide.

Ce combat s’inscrit dans les missions de lutte contre les discriminations de tous ordres et plus généralement en tout domaine où les droits sont bafoués.

Nous vous remercions par avance de peser de toute la légitimité de la LDH pour faire cesser cette atteinte liberticide aux droits des patients.

Le 3 juillet 2019

Le fil conducteur Psy. Lefilconducteurpsy.com

[1] « Les ARS sont autorisées à utiliser Hopsyweb pour le suivi des personnes en soins psychiatriques sans consentement. Le décret ajoute en premier lieu un alinéa dans la liste de ce que permet le traitement du fichier : « l’information du représentant de l’État sur l’admission des personnes en soins psychiatriques sans consentement nécessaire aux fins de prévention de la radicalisation à caractère terroriste, dans les conditions prévues au livre II de la troisième partie du Code de la santé publique et à l’article 706-135 du Code de procédure pénale ».

L’épreuve de la lecture des preuves d’une imposture où l’enfer est pavé de soi-disant bonnes intentions …

Nous avons lu le livre de Leboyer-LLorca, « Psychiatrie, état d’urgence », livre publié par Fondamental en partenariat avec l’Institut Montaigne, think thank  néo libéral à la source des lois de santé et bible du Ministère du même nom, avec le soutien de la Fondation de France.

En préambule, les auteurs chiffrent l’urgence d’agir :

12 millions de Français touchés par des « troubles psychiques », assènent-ils, sans distinguer les « troubles » mineurs et les « troubles » qu’on appelle maintenant « sévères » et qu’on appelait naguère psychoses.

Au passage ce qui nous trouble, c’est qu’il s’agit de « TROUBLES », jamais de maladie ! Maladie, c’est lourd, glauque et tragique, ne relevant pas de la « pensée positive et pragmatique », tournée vers l’agir immédiat !

Autres chiffres : la « santé mentale » coûte, selon les auteurs, 109 milliards d’euros à répartir ainsi :

  • 13,4 pour la prise en charge médicale, 6,3 pour le médico-social
  • 24,4 pour la perte de production
  • 65, pour la perte en qualité de vie

A chacun d’apprécier les deux derniers chiffres et leur pertinence en termes de coût dont le mystérieux calcul échappe à une démonstration « SCIENTIFIQUE » dont l’ouvrage ne cesse pourtant de se réclamer.

État d’urgence, pourquoi ? Trop d’argent dépensé pour des soins et des parcours chaotiques, pour des vies non productives, désinsérées, et privées du « bien- être » tel qu’il est mesuré par des « indicateurs ».

Il y a bien un peu partout de la bonne volonté, de l’innovation, de « bonnes pratiques » que le livre (en patchwork) recense avec une bienveillance œcuménique, des bonnes pratiques qui pourraient améliorer le système, mais qui semblent s’épuiser et épuiser les financements faute de coordination et de modélisation, faute à la base, c’est ce qu’il faut comprendre, d’une psychiatrie « scientifique », dite par les preuves …

… Ou l’épreuve de la bien « pensance » néolibérale.

Or donc, dès qu’un ouvrage se présente sous le masque du gâchis budgétaire en présentant en creux les « bonnes manières gestionnaires », on peut quand même faire un retour réflexif sur ce que signifie ce genre de pensum !

Œcuménisme d’apparence, également, quant à la conception de la maladie : les auteurs reconnaissent des tensions, qu’ils situent au XIX° siècle, entre les tenants de la localisation de la maladie dans les zones du cerveau et la conception unitaire de la folie, comme rapport du sujet au monde. Ils disent « la conciliation [actuellement] possible » entre ces deux conceptions par l’examen des « connexions » du cerveau.

Mais la question du sujet est aussitôt évacuée au profit d’un diagnostic rapide et valide (on ne perdra pas de temps), qu’on pourra établir à l’aide de l’imagerie cérébrale (des connexions du cerveau) et de « machine learning » croisant les données biologiques.

Ces « outils », selon les auteurs, permettront d’éviter les retards de diagnostic, les approximations ou les inadéquations dans les traitements. Ils sont dits utiles dans la prévention du développement de la maladie ou dans la prédiction de la réponse aux traitements.

Ils seraient élaborés par des centres experts, selon le modèle des centres experts du cancer, qui feraient des diagnostics exhaustifs et personnalisés, et orienteraient les patients, munis de recommandations thérapeutiques personnalisées vers les réseaux spécialisés au nombre de 4 : schizophrénie, troubles bipolaires, dépression, autisme, l’autisme aussi dénommé « troubles du neuro développement ».

Ce qui revient à nier le caractère spécifique de la maladie mentale qui n’est pas une maladie comme les autres au sens où la maladie mentale ne peut nier la question d’un sujet désirant, doté d’une parole signifiante : « Le délire parle à ceux qui l’écoutent et l’entendent », au sens de l’entendement.

Le diagnostic versus Fondamental étant posé, comment cette fondation Fondamental voit- elle la prise en charge des patients ?

Au commencement on trouve une apologie de l’invention du secteur, comme idéal de prise en charge ambulatoire, suivant les besoins du patient, accessible et dans la continuité, au cœur de la « communauté de vie ».

Les auteurs font comme s’ils découvraient les vertus du secteur … au moment même où tout est fait pour qu’il se meure … et que leurs propos finissent d’assassiner !

Mais ce système, selon les auteurs, outre qu’il est à bout de souffle, [n’a pas] « réussi à déplacer le centre de gravité de soins de l’hôpital à la communauté ». Soit dit en passant, on ne sait pas ce que le terme anglo-saxon de « communauté » plaqué ici pourrait bien recouvrir.

Pas plus que la « démocratie sanitaire » (loi Kouchner du 4 mars 2002) qui ferait du malade « l’acteur de son parcours de soins », quand tout aura été prédéterminé par le centre expert et que le patient pourra être « suivi en temps réel grâce aux outils connectés » qui le conseilleront et lui prescriront des exercices de relaxation pour « gérer ses émotions ».

Suivi nécessaire, d’autant que le centre expert aura prescrit un traitement personnalisé médicamenteux et un « panier de soins » limité à x séances de psychothérapies « spécialisées » et ciblées, c’est à dire tournées vers des approches de type comportementaliste issues des conceptions béhavioristes, confer Pavlov et les fameux stimuli-réponse. L’Intelligence Artificielle (I.A) y pourvoira avec l’aide des fournisseurs d’accès et les fabricants d’outils numériques, sur les rangs, piaffant d’impatience en attendant les appels d’offres (A.O) juteux …

Effroi de la perspective de l’homme bionique, à l’égal d’une mécanique portée par une vision purement fonctionnaliste et mécaniste. C’est cela que recouvre ce type d’approche.

Reste la question du financement. Un budget global, comme celui actuellement attribué aux hôpitaux psychiatriques, mais qui « freine l’innovation » toujours selon les auteurs.

Leur modèle vient des USA, de la ville de Boston, qui « budgète » des programmes destinés aux structures coordinatrices de la prise en charge. Un forfait par mois leur est versé en fonction du risque de chaque patient. Une partie de leur rémunération est fonction de leur performance selon 104 (!) indicateurs : accès aux soins, coordination, santé et bien- être, comportement, qualité de vie etc etc…

Lecteurs, nous comprenons alors ce qu’est la prise en charge par la communauté. Et ce qu’est une prise en charge ciblée coordonnée à une « médecine de précision ».

Le livre se conclut par 25 propositions dont la création d’une agence ou « opérateur pilote » (comme pour le cancer) qui labelliserait les centres experts spécialisés, définirait des « épisodes de soins » (de 3 mois à un an) et « des forfaits homogènes comparables », ainsi que l’articulation entre médical et médico-social par un « case manager ».

Pour la recherche et l’innovation, la proposition 25 est de « créer les conditions et les incitations pour attirer des partenaires industriels ».

Notre première conclusion que nous creuserons au fil des mois :

Si les fous ne veulent pas entendre raison après tout le bien que l’ouvrage et ses auteurs leur veut … l’issue sera encore et  toujours de disposer de l’enfermement et de sa trop fréquente associée, la contention, comme « l’ultime recours », banalisé au quotidien des hospitalisations sous contrainte.

Quant au sujet, il semble, selon les auteurs, n’avoir existé qu’au XIX° siècle. La restauration du sujet, la réappropriation de son histoire, la réintégration dans une relation humaine sont sortis du vocabulaire au profit « du comportement », du « bien être » etc…

Quand on sait d’expérience quel effondrement il peut y avoir dans la folie, on reste stupéfait à lire le produit de la doxa néo-libérale, qui tient la corde auprès des pouvoirs publics. Cette doxa si lucidement analysée par Mathieu Bellahsen dans son livre, « La santé mentale, Vers un bonheur sous contrôle », préface de Jean Oury, La fabrique éd.

Cette doxa, si lucidement expliquée également par Miguel Benassayag, psychanalyste et philosophe à écouter en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

Écouter, lire …

Pour commencer, à réécouter la remarquable émission « Comme un bruit qui court« ,

diffusée samedi 27 avril sur France Inter, « La pédopsychiatrie à la peine » sur https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-27-avril-2019

Et aussi, ou encore, toujours sur France Inter, vers une ubérisation de la psychiatrie, le coût humain du management :
https://www.franceinter.fr/emissions/le-focus-de-la-semaine/le-focus-de-la-semaine-27-avril-2019

Pour continuer, à lire …

 

 

 

LETTRE OUVERTE À Mme BUZYN et Mr BELLIVIER

LA CONTENTION N’EST PAS UN SOIN
Lors d’un colloque organisé au sénat, en septembre 2015, en présence de plusieurs parlementaires des deux assemblées nous avons initié une pétition http://www.hospitalite-collectif39.org/?NON-A-LA-CONTENTION
 
 Nous affirmions entre autre dans ce texte que la contention n’est pas un soin comme le précisera ensuite l’Article 72 Isolement et Contentiondela loi de santé de   LOI n°2016-41 du 26 janvier 2016 – art. 72
 
 Le psychiatre décide de céder sur sa fonction soignante et de mettre un patient en contention quand l’équipe soignante est débordée par l’agitation de patients en crise, dans un contexte de tensions relationnelles, avec un sentiment d’insécurité face à des manifestations bruyantes et parfois inquiétantes.
 
Mais d’ou vient ce débordement des professionnels par les manifestations paroxysmales de certains patients ? De leur manque d’organisation comme vous le répétez souvent ? De leur manque de formation à des pratiques dites innovantes ? De leur incompétence parce que leurs outils conceptuels ne seraient plus opérants ?
 
Vous ne comprenez-pas bien la situation comme vous l’a si bien dit une infirmière lors du récent débat télévisé sur « le naufrage de la psychiatrie » .
 
Vous n’entendez pas tous ces mouvements de grève dans les hôpitaux psychiatriques. Le cri des infirmières et infirmiers qui vont jusqu’à mettre leur vie en danger ( grève de la faim à Rouen, perchés du Havre) pour réclamer plus de moyens et moins de contraintes bureaucratiques, sécuritaires et normatives.
 
Ils en ont assez, par manque de moyens humains, par manque d’espace d’élaboration des enjeux psychiques, par manque de formation à la relation, d’être amenés à n’avoir d’autre choix que la contention et l’isolement. Ils souffrent de maltraiter les patients et d’être empêchés de faire leur métier. Ils sont transformés en gardiens acculés à des pratiques indignes qui ruinent le lien entre les patients et leurs familles et les soignants.
 
Peut être convient-il de vous rappeler les propos d’Adeline Hazan,(CGLPL)  http://www.cglpl.fr/2016/isolement-et-contention-dans-les-etablissements-de-sante-mentale/  « Le manque de moyens est évident. Les praticiens nous expliquent souvent que s’ils disposaient d’une heure pour faire baisser la pression lors d’un moment d’agitation d’un patient, cela permettait d’éviter l’isolement ou la contention physique »
 
Comment restaurer une confiance quand les personnes censées soigner vous attachent les 4 membres, voire vous sanglent le torse pendant plusieurs heures, jours, semaines, mois ? Les équipes sont de plus en plus démunies face aux injonctions qui pèsent sur elles et qui leur font violence.
 
La maladie mentale est une maladie du lien à l’autre. La contention et l’isolement, pratiques régressives d’un autre temps, signent l’échec du soin dans un moment crucial où les patients ont besoin d’apaisement et de réassurance. Dans un moment où ils ont besoin d’une parole et de gestes témoignant d’une réelle empathie pour contenir leur souffrance, ils subissent une vraie violence qui se referme tant sur les patients que sur les soignants. 
 
Voilà pourquoi les professionnels doivent être formés à la relation clinique, à la pycho-pathologie, à une réflexion sur le sens des symptômes qui se manifestent, et pas seulement sur les thérapeutiques médicamenteuses, ni sur des protocoles standardisés. 
 
Nous sommes très inquiets sur le devenir de la prise en charge des patients quand le premier délégué ministériel à la psychiatrie que vous venez tout juste de nommer affirme qu’une pratique dégradante, irrespectueuse des droits des patients, est un soin. Cela confirme nos doutes quant à sa conception de l’homme et de la folie et quant aux soins qui seront apportés aux patients.
 
Collectif des 39
 
Le Fil Conducteur Psy
Voici la lettre ouverte adressée conjointement avec le collectif des 39 qui figure également sur le site du collectif des 39 accessible par clic sur « liens ».

À visionner jusqu’au 10 mai prochain, ce film poignant qui laisse place aux nombreux témoignages des patients, des familles et des soignants sur l’effarante dégradation des conditions d’hospitalisation en psychiatrie

https://www.france.tv/france-3/pieces-a-conviction/944075-psychiatrie-histoire-d-une-depression-chronique.html

« L’enquête révèle à quel point la France est désemparée face à l’urgence psychiatrique. Des familles témoignent et disent leur douleur, mais aussi leur colère aussi face à un corps médical qui, faute de moyens, n’arrive plus à soigner. Du Havre à Aix-en-Provence, en passant par Rennes et Amiens, les caméras de l’émission ont également pu pénétrer dans les hôpitaux psychiatriques pour montrer l’état de délabrement et le manque de personnel.. »

Mort sous traitement … à voir jusqu’au 1er mai 19 …

Ce film documentaire comme un terrible réquisitoire contre ceux qui prônent les dépistages dès le plus jeune âge, puis la médication et la e.psychiatrie au nom de soi-disant critères de scientificité pour mieux tromper et masquer les puissants intérêts des lobbys.

« Alors qu’elle était traitée pour une maladie mentale, la sœur de la documentariste norvégienne Anniken Hoel est brusquement décédée, pour une raison inconnue. Soupçonnant les antipsychotiques prescrits d’être en cause, la réalisatrice se lance dans une enquête qui la mènera jusque dans les méandres de l’industrie pharmaceutique. Elle y découvre un système opaque. Des instances de contrôle étatiques corrompues laissent les lobbies du médicament peser sur les critères de diagnostic des maladies psychiques, entraînant une hausse constante des prescriptions. Après dix ans d’investigation, Anniken découvre ainsi qu’il existe des dizaines de milliers de cas similaires à celui de sa sœur : des victimes qui semblent ignorées par les autorités. Partant d’une petite ville de Norvège pour enquêter à travers la Scandinavie, l’Europe et jusqu’aux États-Unis, ce documentaire dévoile les agissements et les motivations d’une industrie surpuissante qui place ses profits avant les vies humaines »

À voir sur Arte jusqu’au 1er mai prochain … mort sous traitement/ARTE

 

 

 

 

La folie à l’abandon

Avant le 20 avril,

Prenez 1h de votre temps pour regarder ce film remarquable diffusé par Fr3 mercredi 20 mars, la veille de la manifestation à l’appel du Printemps de la psychiatrie, et lisez aussi l’article que lui a consacré le Nouvel Obs

https://www.nouvelobs.com/ce-soir-a-la-tv/20190320.OBS10793/la-folie-a-l-abandon-contre-une-psychiatrie-carcerale.html

https://www.france.tv/documentaires/societe/927521-la-folie-a-l-abandon.html

 

Le 21 mars … comme si vous y étiez … À l’appel du « Printemps de la pyschiatrie » …

SOLIDAIRES DES SOIGNANTS, DES ASSOCIATIONS ET DES SYNDICATS QUI PRÔNENT UNE APPROCHE HUMANISTE ET DES PRATIQUES PLURIELLES DES SOINS EN PSYCHIATRIE,

HOSTILES AUX PRATIQUES QUASI SYSTÉMATIQUES DE CONTENTION ET D’ISOLEMENT, nous étions présents avec la lecture d’un texte au pied de la statue de Pinel, le matin :

« Le Fil conducteur Psy réunit des familles, parents et fratries, des patients et des soignants, tous touchés à des places différentes par la maladie psychique et sa prise en charge.

Ce qui nous rassemble : l’expérience de vécus difficiles et douloureux sur les questions de l’accueil, du soin et de l’accompagnement des patients et de ses proches.

Nous faisons œuvre commune pour :

  • Faire entendre la spécificité de la maladie psychique,
  • Elaborer et formuler des propositions auprès des professionnels de santé et des institutions
  • Défendre une approche plurielle et humaniste de la folie

La maladie mentale n’est pas une maladie comme les autres. C’est une maladie du lien qui doit être traitée comme tel : soigner, c’est prendre soin du lien. Dès lors, la psychiatrie ne peut pas être une médecine comme les autres.

Solidaires des luttes engagées par les soignants, enfermés tout comme les patients, leurs familles et proches, dans le cercle d’une violence institutionnelle … il est fondamental de dénouer et déjouer ce cercle de la violence par :

  • L’abolition des pratiques de contention et d’isolement
  • Le refus de l’enfermement dans les familles
  • Le refus de l’enfermement des familles assignées à un rôle d’unique recours en lieu et place des soignants pour le suivi et l’accompagnement tout au long de la maladie
  • Le rejet de l’enfermement dans des logiques de réponse uniquement médica….MENTEUSES qui exproprient la parole des patients en tant que sujet, sujet de leur vie. »

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Plusieurs médias se sont fait l’écho de la manifestation. Les liens pour accéder à leurs articles figurent ci-dessous. Hospimédia n’est pas en accès libre (dommage !). Plusieurs ont oublié les familles (dommage !). L’article du journaliste du Monde est le seul à citer des verbatims et à restituer avec fidélité l’atmosphère de cette manifestation.

Le Monde numérique

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/22/les-personnels-psychiatriques-battent-le-pave-pour-reclamer-un-renouveau-des-soins-psychiques_5439586_3224.html?xtmc=psychiatrie&xtcr=1

Huffingtonposte

https://www.huffingtonpost.fr/2019/03/21/pour-une-psychiatrie-plus-humaine-les-medecins-infirmiers-et-patients-dans-la-rue_a_23698022/?ncid=other_email_o63gt2jcad4&utm_campaign=share_email

Ouest France

https://www.google.com/amp/s/www.ouest-france.fr/sante/psychiatrie-environ-300-manifestants-paris-pour-des-soins-plus-humains-6273424/amp

Le Nouvel Obs

https://www.google.com/amp/s/www.nouvelobs.com/sante/20190321.OBS2226/gilets-blancs-acte-2-le-soin-en-psychiatrie-c-est-avant-tout-du-temps.amp

Hospimédia

http://www.hospimedia.fr/actualite/reportages/20190321-dialogue-social-les-manifestants-du-printemps-de-la

Le 21 mars … nous y serons …

Dans le cadre du manifeste pour un renouveau des soins psychiques et du mouvement du « Printemps de la psychiatrie », nous nous associons à l’Appel à la manifestation du 21 mars prochain.

Nous, familles et proches, dont les fratries, soignants, soignés, sommes solidaires des violences institutionnelles qui s’abattent tant sur les patients, leurs familles que sur les soignants, englués dans une logique managériale mortifère.

Nous avons signé l’Appel, nous serons présents.

Pour nous, il est FONDAMENTAL de Dénouer et Déjouer le cercle de la violence par :

  • L’ABOLITION DE LA CONTENTION ET DE L’ISOLEMENT
  • LE REFUS DE L’ENFERMEMENT DANS LES FAMILLES et L’ENFERMEMENT DES FAMILLES COMME SEUL RECOURS EN LIEN ET PLACE DE L’ACCOMPAGNEMENT ET DU SUIVI
  • LE REJET DE L’ENFERMEMENT DANS LES LOGIQUES DE RÉPONSE UNIQUEMENT MÉDICA … MENTEUSES qui exproprient la parole des patients en tant que sujet, sujet de leur vie.

Cliquez pour voir le texte et les horaires de la manifesation

appel manifestation 21 mars

À écouter, à lire, à agir …

Des échéances de mobilisation à venir au auxquelles nous participerons :

  • le 21 mars dans le cadre du Printemps de la Psychiatrie
  • le 31 mars dans le cadre des Semaines de la Folie Ordinaire

Dans les jours à venir, nous donnerons les informations sur l’organisation de ces manifestations. Dans l’intervalle, et pour attendre en se documentant, voici le lien de la dernière des 4 émissions que France Culture a consacré à la santé mentale dont l’avant-propos présente le thème :

« Peut-on établir une corrélation entre précarité et maladie mentale ? Si le capitalisme ne crée pas des fous, il crée en tout cas des normes : la rationalité néolibérale tend, en effet, à imposer sa propre définition du sain et du pathologique. Une définition qui peut se muer en outil de contrôle … »

https://www.franceculture.fr/emissions/entendez-vous-leco/a-votre-sante-44-les-malades-du-capitalisme.

Les interviews de Lise Demailly, sociologue et de Mathieu Bellahsen, psychiatre s’adossent à leurs ouvrages :

  • « Sociologie des troubles mentaux« , de Lise Demailly, La découverte 2011
  • « La Santé mentale, vers un bonheur sous contrôle » de Mathieu Bellahsen, La Fabrique, 2014

Et aussi un site ressources qui regorge de références bibliographique et que nous vous recommandons : contrastcollectif.wordpress.com. Et notamment un ouvrage :

« Octobre 2018, l’ouvrage issu des travaux du collectif Contrast est paru

Publié sous la direction de Livia Velpry, Pierre Vidal-Naquet et Benoît Eyraud, et intitulé «Contrainte et consentement en santé mentale – Forcer, influencer, coopérer», l’ouvrage collectif sort aux Editions PUR, collection « Le Sens Social ».  Il rassemble les résultats des enquêtes empiriques menées par les membres du collectif Contrast dans le champ de la santé mentale, contextualisant les dilemmes engendrés autour de la régulation des pratiques de soins. »

Retrouvez les références des ouvrages et des sites ressources sous l’onglet : »Lectures »

Les chocs de l’actualité

Le 22 janvier, la manifestation à l’Appel du Printemps de la Psychiatrie a eu un écho médiatique … mais plus encore le drame de l’incendie à Paris, due à une personne sortie récemment d’une 13ème hospitalisation psychiatrique… en 10 ans.

Dire et répéter jusqu’à l’obsession que le manque de moyens, mais aussi de suivi et d’accompagnement « chronicise » la maladie au risque de terribles effets. Il faut que d’effarants évènements se produisent pour que les médias « s’autorisent » à se pencher sur l’état gravissime dans lequel est plongée la psychiatrie, avant-pont de l’état dans lequel se trouve l’hôpital, la santé … la société…

Les « médias » en parlent certes, cependant dans un moment d’effroi et de stupeur qui risque de rendre le propos inaudible. Voilà pourquoi, nous, familles, patients et soignants du Fil conducteur Psy ne voulons pas agir et réagir à chaud.

Écouter, (ré) écoutez l’émission « 28 mn » d’Arte, en fait 46 mn, à partir du lien ci-après, qui débute à la 14ème mn.

https://www.arte.tv/fr/videos/081632-117-A/28-minutes/

 

 

 

 

Des sites et des liens …

Suivez le fil d’info des manifestations et évènements à venir sur notre blog certes, mais aussi sur les blogs amis et notamment celui qui vient de s’ouvrir « Le printemps de la psychiatrie«   depuis la manifestation du 22 janvier dernier et que vous pourrez retrouver dans la rubrique liens de notre blog

https://printempsdelapsychiatrie.org/

À lire, l’article du nouvelObs, remarquablement intéressant :

https://www.nouvelobs.com/sante/20190124.OBS10443/ce-qui-est-en-crise-c-est-notre-hospitalite-la-psychiatrie-craque.html

À écouter, l’émission de France Inter du samedi 2 février dernier « Comme un bruit qui court » sur la situation de la psychiatrie, et les échos de la manifestation du 22 janvier et puis … l’interview d’un père dont la fille est restée 7 mois à l’isolement

https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court

 

 

22 janvier 2019 … Debout !!

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Nous y étions avec la lecture en duo, d’un texte joint ci-après :

« Félicitations à tous pour cette formidable mobilisation.

Le Collectif des 39 et le Fil conducteur Psy s’associent à tous ces mouvements soutenant un désir puissant de transformation des conditions d’accueil et de soins des patients pour une psychiatrie respectueuse de la restauration du sujet.

Selon la fondation « Fondamental » et les ministères de la Santé successifs, la folie ainsi que toutes les difficultés d’accès aux soins seront résolues par le retour de la psychiatrie dans le giron de la médecine dite scientifique.

Ils reprochent à la psychiatrie de s’être éloignée de la science, alors que c’est précisément parce qu’elle s’est ouverte aux sciences sociales et à la psychanalyse que la psychiatrie s’est humanisée et distinguée de la neurologie.

La régression de la psychiatrie est voulue et soutenue de longue date par une lignée de psychiatres qui s’appuient sur une vision mécaniste de l’homme et de la folie, réduisant ces pathologies à des maladies du cerveau.

Cela fait plus de trente ans que ce courant de pensée, soutenu par nos politiques gouvernementales et les lobbys pharmaceutiques, participe d’un écrasement du sujet au profit d’une logique de tri des malades afin d’écarter du soin les plus difficiles à soigner.

Dans les années 80-90, la moitié des lits sont supprimés. Une partie des malades les plus touchés sont orientés vers des établissements médicosociaux, mais bon nombre sans place se retrouvent dans leur famille et beaucoup glissent dans la rue ou en prison.

Dans les années 2000, la poursuite de la diminution des moyens humains et des capacités d’hospitalisation, associée à cette même rationalité scientifique, attaque fortement la disponibilité, les initiatives et la créativité dans les relations avec les patients et les familles.

Dans ce contexte de contraintes, les professionnels sont de plus en plus démunis face à la souffrance psychique, ce qui entraîne alors les pratiques d’isolement et de contention généralisée pour faire taire les symptômes.

Cette violence exclue la parole en tant que lieu possible d’une restauration du lien.

« Psychiatrie, état d’urgence« , le livre propagande de Fondamental, hyper médiatisé, est une IMPOSTURE : les auteurs ignorent totalement la possibilité d’un soin psychique. Et les professionnels formés à cette conception des maladies mentales,  maladies jugées comme les autres maladies organiques, sont pris dans la logique destructrice du lien thérapeutique.

Les « centres experts » ne sont pas là pour soigner mais pour conférer aux « diagnostics DSM » une irréfutabilité scientifique, puis « trier » et « orienter ». Le patient n’a qu’à obéir à l’autorité des experts, car comme le déclarait le Dr Marion Leboyer sur France Culture, « ce n’est pas son métier de savoir comment se soigner » !!!

Au prétendu bénéfice d’une « meilleure inclusion du patient dans la cité« , les soins au domicile deviendront la norme et accentueront l’abandon des soins relationnels.

Réduire encore et toujours plus les lieux d’accueils, les structures de suivi est encore possible. Les patients les plus touchés seront, encore plus tôt, laissés au bord de la route.

On continue à déplacer la prise en charge au long cours vers les familles livrées à elles-mêmes et de plus démunies, mais considérées comme des « aidants ».

PATIENTS, SOIGNANTS, PARENTS ET TOUT CITOYEN CONCERNÉ PAR LA PSYCHIATRIE ET LA PÉDOPSYCHIATRIE, DÉBATTONS ET SOUTENONS COLLECTIVEMENT DES SOINS PSYCHIQUES ÉMANCIPATEURS DU SUJET EN S’APPUYANT SUR LES EXPÉRIENCES DE CHACUN ET NON PAS SUR DES EXPERTS ASSUJETTIS AUX LABOS,

RÉINVENTONS UNE HOSPITALITÉ POUR LA FOLIE …

DEBOUT POUR LE PRINTEMPS DE LA PSYCHIATRIE !

Le soir même, France Inter consacrait son émission « le téléphone sonne » à la situation de la psychiatrie, en écho à la manifestation.

À écouter ou réécouter en cliquant sur le lien :

https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-22-janvier-2019

 

 

Debout pour le Printemps de la psychiatrie ! Mardi 22 janvier

Nous relayons le texte du Manifeste dont nous sommes signataires que nous reproduisons ci-après.

Printemps de la psychiatrie

Manifeste pour un renouveau des soins psychiques

La psychiatrie et la pédopsychiatrie n’en peuvent plus. Depuis déjà plusieurs décennies, ceux qui les font vivre ne cessent de dénoncer leur désagrégation et de lutter contre le déclin dramatique des façons d’accueillir et de soigner les personnes qui vivent au cours de leur existence une précarité psychique douloureuse. En vain le plus souvent. Ce qui est en crise, c’est notre hospitalité, l’attention primordiale accordée à chacun et à un soin psychique cousu-main, à rebours du traitement prêt-à-porter standardisé qui se veut toujours plus actuel. Les mouvements des hôpitaux du Rouvray, Le Havre, Amiens, Niort, Moisselles, Paris, etc… ont su bousculer l’indifférence médiatique et rendre visible au plus grand nombre le chaos qui guette la psychiatrie. Pour percer le mur du silence, il n’aura fallu rien de moins qu’une grève de la faim …

Devant cette régression organisée, nous nous engageons tous ensemble à soigner les institutions psychiatriques et à lutter contre ce qui perturbe leur fonctionnement. Patients, soignants, parents, personnes concernées de près ou de loin par la psychiatrie et la pédopsychiatrie, tous citoyens, nous sommes révoltés par cette régression de la psychiatrie qui doit cesser. Il s’agit pour nous de refonder et construire une discipline qui associe soin et respect des libertés individuelles et collectives.

Contrairement à la tendance actuelle qui voudrait que la maladie mentale soit une maladie comme les autres, nous affirmons que la psychiatrie est une discipline qui n’est médicale qu’en partie. Elle peut et doit utiliser les ressources non seulement des sciences cognitives, mais également des sciences humaines, de la philosophie et de la psychanalyse, pour contribuer à un renouveau des soins axés sur la reconnaissance de la primauté du soin relationnel. Notre critique de ce qu’est devenue la psychiatrie ne peut faire l’impasse sur la responsabilité de ses gestionnaires.

Les avancées de la recherche scientifique ne peuvent durablement être confisquées par des experts auto-proclamés dont les liens avec l’industrie pharmaceutique sont suspects. Les savoirs scientifiques ne doivent pas servir d’alibi à des choix politiques qui réduisent les sujets à un flux à réguler pour une meilleure rentabilité économique. Nous sommes face à une véritable négation du sujet et de sa singularité, au profit de méthodes éducatives, sécuritaires ou exclusivement symptomatiques. Les interdits de pensée sont devenus la règle d’une discipline où l’on débat de moins en moins. La psyché humaine est tellement complexe qu’elle n’obéit à aucune causalité, simple et univoque, et se moque des réductions idéologiques. Toute approche privilégiant une réponse unidimensionnelle est nécessairement à côté. Nous récusons, dès lors, toute politique d’homogénéisation des pratiques. Une politique qui détruit la cohérence des équipes et instrumentalise la parole des patients fige la capacité d’inventer à force d’injonctions paradoxales, dans la nasse de discours sans épaisseur et mortifères.

Aussi, si le budget de la psychiatrie, sans cesse rogné depuis des années, doit  être largement revalorisé, comme l’exigent toutes les mobilisations actuelles, c’est l’appauvrissement des relations au sein des lieux de soins qui est notre souci premier. La standardisation des pratiques protocolisées déshumanise les sujets, patients et soignants. Le recours massif aux CDD courts, le tarissement organisé de la formation continue, l’inadéquation des formations initiales qui privilégient cours magistraux et visionnages de DVD sans interactions entre les étudiants et leur formateur, contribuent à la désagrégation des équipes au sein desquelles le turn-over est de plus en plus important. La continuité des soins et la cohésion des équipes en sont durablement compromises. Nous devons opposer à cet état de fait la spécificité de la maladie psychique, qui sous-tend la nécessité d’une approche singulière et d’un travail spécifique d’équipes pluridisciplinaires en institution psychiatrique ainsi que dans le médico-social, et la co-construction d’alliances thérapeutiques fécondes avec les personnes accueillies. C’est tout le monde de la psy et des psys, en institution ou pas, qui est concerné.

Nous voulons en finir avec l’augmentation continuelle du recours à l’isolement et à la contention, la contrainte doit cesser d’être la norme. Le droit des patients, hospitalisés ou non, est régulièrement ignoré, parfois volontairement bafoué. Cette violence institutionnelle, régulièrement condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, touche en premier lieu les soignés, mais affecte aussi les soignants. La psychiatrie et le secteur médico-social doivent pouvoir s’appuyer sur des équipes stables avec des personnels non interchangeables quel que soit leur statut. Ils doivent pouvoir bénéficier d’un assise solide qui autorise la parole et propose de véritables évolutions de carrière.

Au-delà du soin, nous voulons travailler à des accompagnements alternatifs, nouer des liens équilibrés avec les différentes associations qui œuvrent dans la cité. Nous voulons multiplier les lieux qui cultivent le sens de l’hospitalité avec un accueil digne et attentif aux singularités de chacun.

Nous nous engageons à participer, organiser, soutenir tout débat, toute action ou mouvement cohérent avec ce manifeste, avec tous les professionnels, leurs syndicats, les collectifs, les associations de familles et d’usagers, et l’ensemble des citoyens qui souhaiteraient soutenir et développer une psychiatrie émancipatrice du sujet.

Nous appelons à participer à la manifestation nationale du 22 janvier à Paris.

RDV devant l’hôtel « Plaza Crowne » 10 Place de la République à partir de 11h

Slogans, banderoles, pancartes, chansons, etc. seront les bienvenus le jour J !

Liste des groupes et syndicats soutenant l’initiative :

 Appel des appels (ADA) ; Association des psychiatres de secteur infanto-juvénile ; Association méditerranéenne de psychothérapie institutionnelle (AMPI) ; CEMEA ; CGT du CH de Lavaur (81) ; Collectif des 39 ; Collectif national des psychologues hospitaliers ; La Criée ; Ensemble ! ; Fédération Des Centres Médico-Psycho-Pédagogiques ; Le Fil conducteur Psy ; Humapsy ; Inter-collèges des psychologues hospitaliers ; PCF ; Pinel en lutte ; Le Point de Capiton ; Les Psy causent ; Psychiatrie Parisienne Unifiée ; Psy soins Accueil ; La Rattroupe, collectif soignant ; Réseau Européen des Santé Mentale Démocratique ; SERPSY ; Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH) ; Fédération Sud Santé Sociaux ; Union Syndicale de la Psychiatrie (USP)

retour …

Nous voici revenu.e.s à la surface de la vague … En effet, notre blog était parti inopinément se cacher derrière un mois d’octobre encore trop beau pour reprendre du collier ! … au grand dam de ses concepteurs qui souhaitaient tant vous informer et garder contact …

Donc, quelques informations sous forme d’une liste à la Borges pour rattraper le temps sans vous, sans nous …

Fédération des pratiques : réunion du 22 septembre 2018 à laquelle nous avons contribué
Assistance nombreuse, équivalente à la réunion précédente . Une majorité de « soignants » (psychiatres, psychologues, sociaux…), quelques « soigné.e.s » ou « ex-soigné.e.s » et sauf le Fil conducteur, pas de famille-fratrie.

Points essentiels relevés
– Dégradation des pratiques et des lois, depuis 2011, accentuée par la récente loi Buzyn,
– Forte augmentation des hospitalisations sans consentement, depuis 2011 ( critère nouveau du « péril imminent » ), dégradation de l’accueil hospitalier et problème général de formation à la souffrance psychique : policiers, juges, infirmiers.
– Dans l’hôpital: fort turn-over du personnel soignant, notamment infirmier (plus de lien, ni de suivi des personnes), architecture de l’hôpital psychiatrique comme lieu d’enfermement, malades stigmatisés par leur tenue (pyjamas…) ; insensibilité des personnels soignants (liée à la « peur » ou au turn over) : habitude par rapport à certains comportements, lieux où on ne prend plus conscience de la gravité de certaines souffrances : « ce n’est pas grave« , c’est normal« .
– Retour à une vie sociale ou à l’emploi mal balisé et peu efficace. À leur sortie de l’hôpital, les personnes continuent d’être enfermées dans des parcours qui ne leur permettraient pas de retrouver une vie « normale » .
Présentation du Fil conducteur
Les trois points du texte préparé en réunion ont été présentés (Michelle L.) avec un accent mis sur :
la spécificité de la maladie psychique et les souffrances qu’elle induit chez le patient, dans l’institution, dans les familles, souffrance qui devient un obstacle à un apaisement et à l’efficacité des soins.
le rôle et les besoins des familles- fratries : « le potentiel soignant des familles, comme des malades a été écrasé » (P.Bichon), nécessité d’un soutien, en particulier pour les jeunes enfants et adolescents.
le rétablissement de la qualité hospitalière de l’hôpital refuge, asile.
À cette occasion on a parlé de la réunion des « exceptions » qui sera sans doute adoptée comme nom de la Fédération : La Fédération des exceptions.

SOUHAITS & DÉCISIONS

Nécessité de cette Fédération comme « refuge, asile, lieu où reprendre des forces« : « il faut qu’on se cause … il faut des rencontres régulières mais il faudrait aussi que « quelque chose se passe entre les réunions »
Organiser des rencontres, locales ou régionales entre les différents groupes qui agissent un peu isolément
-Créer un blog avec des renvois vers les différents sites existants et étudier la possibilité d’un forum de discussion (deux personnes ont pris en charge cette tâche)

Prochaine réunion le 8 décembre à 14h, Lieu Dit, rue Sorbier 75020

Vous pouvez aussi aller lire le « blog de Mathieu Bellashen » sur Médiapart qui a fait un compte rendu exhaustif accompagné du lien pour écouter cette réunion enregistrée

Nous apprenons, par une adhérente, la sortie du film

ANDRÉ ROBILLARD, EN COMPAGNIE ( 2018, 93 minutes )
de Henri-François Imbert
EN SALLES LE 14 NOVEMBRE 2018

AVANT-PREMIÈRE LE 6 NOVEMBRE 2018 À 20H45
Au Forum des Images dans le cadre du cycle doc&doc, présenté par Documentaire sur grand écran.
Programme de la soirée La vie, à la folie https://www.docsurgrandecran.com
Invitations dans la limite des places disponibles, réservation indispensable par courriel :
contact.librecours@gmail.com
RENCONTRE AVEC ANDRÉ ROBILLARD ET HENRI-FRANÇOIS IMBERT
LE 14 NOVEMBRE 2018 AU SOIR
Au cinéma L’Espace Saint-Michel, 7 place Saint-Michel à Paris.
Horaires de la rencontre et des autres séances à L’Espace Saint-Michel :
http://espacesaintmichel.free.fr/horaires/frame.htm
Signature du livre Henri-François Imbert, libre cours
Entretiens réalisés par Quentin Mével, précédés d’un essai critique de Raphaëlle Pireyre,
éditions Playlist Society 2018,
le 6 novembre 2018 au Forum des Images à l’issue de la rencontre,
le 7 novembre 2018 à 19h30 au café Hang’Art, 61, quai de la Seine, 75019 Paris.

Vous pouvez suivre la programmation du film et des projections-rencontres dans les autres salles sur le lien :
http://www.lecinemadehenrifrancoisimbert.com

Vous pouvez également soutenir la distribution du film en préachetant son dvd et les dvd des deux autres films réalisés par Henri-François Imbert avec André Robillard :
André Robillard, à coup de fusils ! (1993, 25 minutes), André Robillard, en chemin (2013, 80 minutes) avec la campagne de financement participatif https://fr.ulule.com/andre-robillard-en-compagnie.

PARUTION DU N° 9 de la revue LES NOUVEAUX CAHIERS POUR LA FOLIE

Les Nouveaux Cahiers pour la folie sont nés il y a neuf ans d’un pari sur l’utopie. Dans une période où tout concourt à faire taire les « voix » de la folie, et jusque dans les milieux psychiatriques, cette revue se propose à recevoir des propositions émanant de diverses personnes impliquées dans les différents bords de la folie. Concrètement, y interviennent tant des personnes soignées en psychiatrie que des personnes ayant fonction de soignant, ou tout un chacun qui se sent concerné à quelque titre que ce soit.

Pour celles et ceux qui le souhaitent, vous pouvez trouver ce recueil au 28e Salon de la Revue qui se tiendra à la halle des Blancs Manteaux les 9, 10 et 11 novembre
48, rue Vieille-du-Temple, 75004 Paris
Vendredi 9 de 20 à 22h
Samedi 10 de 10h à 20h
Dimanche 11 de 10h à 19h30
Cette revue paraît chaque année, et est vendue au prix de 10 euros.

Appel à la réunion pour la création d’une fédération des pratiques

Samedi 30 juin 2018 à 16h
Au Lieu-dit, 6 rue Sorbier, Paris 20ème

Comme annoncé lors des XVI rencontres de la Criée les 1 et 2 juin 2018, où fut diffusé le Manifeste pour une fédération des pratiques, il parait essentiel d’appeler à une réunion ouverte à tous ceux et celles qui souhaitent créer cette fédération. Il s’agit de construire le support nécessaire pour nous relier les uns aux autres, sortir de l’isolement et nous rassembler tout en gardant le souci du singulier et de l’hétérogène.
Signé : Collectif pour la Création d’une fédération des pratiques

Le manifeste lancé par le centre Artaud

« MANIFESTE POUR UNE FEDERATION DE PRATIQUES
Depuis plus de 20 ans, le champ de la folie et de la souffrance psychique a connu une
destruction renforcée des institutions par les politiques de « santé mentale » et du handicap, destruction s’’appuyant sur un utilitarisme économique et subjectif avec son cortège de découragement et de résignation.
Les analyses critiques expliquant la destruction de la psychiatrie dans un sens humaniste et émancipateur abondent. Devant ces éclairages tant pertinents qu’accablants, les perspectives proposées se fondent souvent sur des formes ou des modèles préexistants (le secteur, le conseil national de la résistance, la psychothérapie institutionnelle etc.).

S’il est nécessaire et même indispensable de s’appuyer sur l’histoire des pratiques, des luttes et des rêves de séquences antérieurs, ils ne peuvent suffire pour résister au présent. La posture de résistance est elle-même insuffisante tout comme celle de défense des acquis.
Une nouvelle strate est à construire, un support pour nous rassembler, retrouver de l’énergie, et reconstruire l’imaginaire de nos praxis en échangeant entre nous.
Depuis dix ans, nous assistons à des émergences créatrices de nouvelles formes de pratiques et de luttes, de nouvelles circulations entre des lieux (qu’ils soient de soins, de création, d’espaces citoyens et associatifs), entre des personnes autrefois séparées par des catégories étanches (usagers-patients, familles, professionnels). Toutes ces pratiques inédites ne sont ni suffisamment visibles ni suffisamment audibles dans notre société.

Pourtant elles existent et concourent à fabriquer du nouveau là où elles existent.
Depuis dix ans ces formes nouvelles de liens se construisent à partir d’autant de lieux
différents qu’il y a de pratiques et de personnes désireuses de les faire vivre (cliniques,
politiques, militants, associatifs…).
Aujourd’hui, un lieu de rassemblement apparaît nécessaire puisque ces formes instituantes s’appuient toujours sur un certain rapport à l’institué, que ce soit celui d’un service public, d’une association, d’un syndicat, d’un collectif ou autre.
Or l’époque est à la destruction de ce qui est institué dans une direction non utilitariste (les services publics dont l’hôpital public, les protections et sécurités sociales, les associations, etc.), ce à quoi nous nous confrontons au quotidien dans nos lieux de travail, de soins, de vie.
Pourtant dans cette fragmentation du lien social – et peut-être dans une certaine mesure à partir d’elle- de nouvelles articulations dans les pratiques surgissent. Au cloisonnement
toujours plus intense des établissements, des personnes et des statuts de chacun répondent de nouvelles circulations entre les gens et les institutions. Nous pensons à l’émergence du TRUC (terrain de rassemblement pour l’utilité des clubs) où des collectifs de soins (patients et soignants) se retrouvent de façon régulières et itinérante pour discuter, construire, fédérer des initiatives et des désirs à partir de leurs pratiques locales.
Nous pensons également à de nouvelles façons de s’associer et de penser le politique entre « usagers »/patients, professionnels, ex-psychiatrisés, chercheurs, universitaires, artistes, citoyens (l’association Humapsy, le CRPA, le collectif des 39, la Main à l’oreille, le RHAPP, le confCAP et le collectif CAP Droit, le Fil conducteur psy, la FIAC, la Criée…).
Nous pensons à celles et ceux qui tiennent – ou tentent de tenir- là où ils sont avec des
supports divers (syndicats, collectifs soignants, réseaux militants, associations, mouvements sociaux).
Nous proposons de rassembler ces initiatives pour continuer de construire ces nouvelles
circulations, pour échanger, tenir et inventer localement et, en se rassemblant, de créer une strate plus large au niveau de la société.
Le pari serait de construire un lieu de rassemblement sur le mode fédératif, à partir des
pratiques collectives qui se confrontent aux réalités concrètes et qui tentent de les transformer.
En se passant de tout centre dirigeant, de tout programme pré-établi, mais en se tenant au plus près du surgissement clinique et politique. Et en incluant toutes les initiatives existantes qui voudraient s’y adjoindre, en enrichissant ainsi cette nouvelle forme qui s’appuierait ainsi sur les strates précédentes.
Nous sommes toutes et tous des fragments de la société qui peuvent se rassembler, agencer de nouvelles formes, composer de nouvelles forces. Quoique présente depuis quelques décennies, la situation est nouvelle et impose d’y répondre de façon nouvelle, d’où la nécessité d’une nouvelle forme à construire en commun.
D’où cet appel destiné à tous ceux qui se sentiraient concerné(e)s, et aimeraient se
coordonner, sur un mode qui reste à construire en tenant compte des singularités mais
aussi de la nécessité d’un rassemblement.
Signatures des personnes et collectifs:
Association La Criée, CRPA, Association La Colifata, Humapsy, Association Les Psycausent, Association Et Tout et Tout,  Association Le Fil Conducteur Psy, Commission Psy soins et accueil, le collectif soignant La Ratroupe (les Murets), Sébastien Daux- Président du GEM La Locomotive, Céline Pascual Vidal – Association Culturelle du personnel de Saint Alban… Alain Abrieu, Mathieu Bellahsen, Michèle Benhaïm, Agnes Beorchia, Cecile Bourdais, Philippe Bichon membre des 39, André Bitton président du CRPA, Pascal Boissel CN USP, Jean Michel Carbunar, Christophe Chaperot, Patrick Chemla, Pierre Dardot, Géraldine Delcambre, Sandrine Deloche, Emmanuel Kosadinos CN USP, Christian Laval, Daniele Levy, Fanny Lung SOFOR, Jean Pierre Martin CN USP, Magali Miane, Simone Molina, Marie France Negrel, Raymond Negrel, Françoise Nielsen, Alfredo Olivera, Severine Ouaki, Christelle Pourrier, Benjamin Royer, Serge Klopp, Marc Pélissier, César Forcioli, Pierre Kammerer… »

les funambules …

… une association crée par Hélène Davtian pour accompagner les fratries … allez voir et écouter son interview réalisée fin mai avant la tenue du premier Psychodon. Retenez le nom de cette association amie : les funambules

Le Centre Artaud a lancé un Appel à une large unité. Le texte est consultable sur leur site la Criée

 

Le plan Hirsh… Tout sur les caméras !

Interviewé par les médias ces derniers jours, le DG de l’AP-HP a décliné l’usage qu’il fera des 39 millions de dotation budgétaire.

Probablement inspiré par le Festival de Cannes, il entend résoudre la montée des violences des patients vis à vis des soignants en installant des caméras, mais celles-ci,  de surveillance sur le même modèle que celles des Aéroports de Paris (A.D.P).

On se prend à entendre N. Sarkozy appelant au renforcement du contrôle dans les Hôpitaux Psychiatriques (H.P)  qui furent dotés de caméras, sans parler de l’usage systématisé de sangles de contention, de chambre d’isolement mais de personnels soignants …. NON.

DU PERSONNEL POUR HUMANISER LE SOIN : POINT ! DU CONTRÔLE POUR RENFORCER LA VIOLENCE INSTITUTIONNELLE : OUI et DE PLUS EN PLUS !

Voilà des années déjà que les soignants, les associations des patients, les familles dénoncent les conditions déshumanisantes qui prévalent dans les H.P, dotés de caméras, de systèmes de surveillance. Ce système s’étend aujourd’hui à l’ensemble de la sphère hospitalière. Plutôt que renforcer les moyens humains en personnel soignant, la réponse se résume à : RÉPONDRE À LA VIOLENCE PAR LA VIOLENCE DE LA SURVEILLANCE SYSTÉMATIQUE ET AINSI RENFORCER LE CERCLE INFERNAL QUI SE REFERME SUR LES SOIGNANTS, LES PATIENTS, LEURS PROCHES ET LEURS FAMILLES

À voir et à lire …

À voir … même si vous n’habitez pas dans le Château de Vincennes ! …

Cinéma Le Vincennes | Film – AU JOUR LE JOUR, À LA NUIT LA NUIT

À lire et à voir

L’Hécatombe des fous, sur la plateforme Spicee, sur abonnement

(1) Un reportage poignant sur l’hécatombe (45000 morts) dans les hôpitaux psychiatriques durant la deuxième guerre …

Saisir la profondeur de l’Histoire pour comprendre les tendances lourdes spécifiques, semble-t-il, à la France.

 

Semaine de la folie ordinaire

Samedi 24 mars 18, dans le cadre de la Semaine de la Folie Ordinaire[1], nous avons participé aux ateliers /débats organisés par Humapsy, Psy-soins-accueil, la parole errante demain, les Éditions d’une, de nombreux G.E.M ….

Le vaste espace du lieu couvert de gradins était plein d’une assistance attentive. Pas de chiffrage ni de sondage, on vous en fait grâce !!!!

3 ateliers organisés autour : 1/ des « savoirs expérientiels des patients », 2/du rôle de la psychanalyse et 3/ la question de la contrainte et des pratiques de contention et d’isolement que nous avons portée avec le Cercle de Réflexion et de Proposition d’Actions sur la psychiatrie (C.R.P.A).

Les pratiques de contention et d’isolement qui se généralisent ont fait l’objet d’un guide « de Recommandations de Bonnes Pratiques » R.B.P de l’HAS. Ces mesures présentées comme exceptionnelles et de dernier recours seraient ainsi considérées comme du soin ? Seraient ainsi considérées comme contenantes ?

La confusion entre contention et soins, entre contenir et contraindre par la violence physique permet

  • la généralisation de pratiques inhumaines sur des personnes en situation vulnérable et ce dès l’hospitalisation, donc en premier recours comme l’ont souligné plusieurs soignants qui l’observent sur leur lieu d’activités,
  • la généralisation des discours de justification des directions d’hôpitaux,
  • l’aveuglement des organisations institutionnelles comme la HAS et les ARS qui ne voient rien. Elles s’étonnent juste lorsque l’alerte est donnée par la CGLPL.

Avec tous les participants présents à l’atelier, puis en collectif nous portons et porterons l’impératif de L’ABOLITION DE LA CONTENTION ET LA MISE EN PLACE D’UN OBSERVATOIRE CITOYEN DES PRATIQUES PSYCHIATRIQUES.

Merci de nous faire remonter tous les témoignages sur ces pratiques d’un autre âge

[1] Les Semaines de la Folie ordinaire ont été créées en 2011 à Reims par le collectif Artaud, un collectif de patient-e-s et soignant-e-s, en contrepoint des Semaines d’information de la Santé mentale.