Témoignages

Une mère, été 2017

Ma fille a été emmenée, sous contention, dans un service parisien de soins intensifs depuis le service psychiatrique dont elle dépendait.

Elle a donc été en chambre d’isolement et contenue dans un service où il y a presque que cela. Passé le we d’arrivée, la psychiatre a toutefois pensé que les contentions étaient peut être inutiles donc les a faites enlevées après quelques jours. Elle est restée un mois en chambre d’ isolement. Pyjama bleu obligatoire. Après quelques semaines, chambre tantôt ouverte, tantôt fermée mais sur quels critères et à quelle fréquence?
Certes il y avait une équipe qui passait plus souvent dans sa chambre surtout quand elle était tout le temps enfermée et lui approchait un téléphone quand nous appelions. Le médecin passait tous les jours, du moins au début sauf  le WE pour un entretien, parfois 2 fois quand elle a été plus mal. C’est la différence que j’ai observée par rapport à la chambre d’isolement du service « habituel ».
Dans la période d’enfermement complet nous avons pu quand même la visiter. Il était proposé qu’un soignant reste avec nous ce que nous avons refusé

Systématisation de la contention

Un patient anxieux est ré hospitalisé à la demande de sa famille.

Sa parole, recueillie le 30 Avril 2018.

« Tu te demandes dans quel monde tu es »

« Quelle brutalité ! Tout le monde est sous contention la première nuit, sur le dos, les quatre membres attachés, serrés, j’ai demandé qu’ils desserrent mais je crois qu’ils ont fait semblant.

Tu te demandes ce que tu as fait, en quel état tu es pour qu’on te mette sous contention, ce qui est réel, si le réel des infirmiers est celui-là, dans quel monde sont-ils ? (citation de cinéma), dans quel monde tu es, toi.

C’est complètement sadique.

C’est carrément un système.

La première nuit, tu es sous contention, après ta chambre est fermée la nuit et le jour tu es en pyjama, ensuite ta chambre reste ouverte, puis tu retrouves tes affaires et le 12° jour tu sors. Ça marche comme ça, comme un marchandage entre les infirmiers et toi.

 

La question du diagnostic 

« Ma première hospitalisation remonte à il y a vingt ans maintenant ; cela a duré deux semaines. La deuxième quelques semaines plus tard, nouvelle hospitalisation, sous HDT cette fois, qu’a signée ma mère. Depuis, je ne compte plus le nombre de séjours dans divers hôpitaux, le nombre de décompensations, le nombre de passages aux urgences.

Comment j’ai su le nom de ma maladie ? Cela a été quelques années plus tard, lorsqu’il a fallu renouveler la prise en charge à 100% des soins. Le médecin contrôleur de la Sécurité sociale m’a demandé pourquoi à mon avis j’étais prise à 100%, à ma grande surprise. Comme je ne savais pas, je n’avais pas de réponse à cela, il m’a dit « Vous souffrez de schizophrénie ». C’est comme cela que j’ai « su ». A quel moment c’était ? Je ne me souviens pas. Et je ne veux pas m’en souvenir. Je suis trop mal lorsque j’y pense… J’aurais préféré ne pas savoir… »

Une patiente