Le 21 mars … nous y serons …

Dans le cadre du manifeste pour un renouveau des soins psychiques et du mouvement du « Printemps de la psychiatrie », nous nous associons à l’Appel à la manifestation du 21 mars prochain.

Nous, familles et proches, dont les fratries, soignants, soignés, sommes solidaires des violences institutionnelles qui s’abattent tant sur les patients, leurs familles que sur les soignants, englués dans une logique managériale mortifère.

Nous avons signé l’Appel, nous serons présents.

Pour nous, il est FONDAMENTAL de Dénouer et Déjouer le cercle de la violence par :

  • L’ABOLITION DE LA CONTENTION ET DE L’ISOLEMENT
  • LE REFUS DE L’ENFERMEMENT DANS LES FAMILLES et L’ENFERMEMENT DES FAMILLES COMME SEUL RECOURS EN LIEN ET PLACE DE L’ACCOMPAGNEMENT ET DU SUIVI
  • LE REJET DE L’ENFERMEMENT DANS LES LOGIQUES DE RÉPONSE UNIQUEMENT MÉDICA … MENTEUSES qui exproprient la parole des patients en tant que sujet, sujet de leur vie.

Cliquez pour voir le texte et les horaires de la manifesation

appel manifestation 21 mars

À écouter, à lire, à agir …

Des échéances de mobilisation à venir au auxquelles nous participerons :

  • le 21 mars dans le cadre du Printemps de la Psychiatrie
  • le 31 mars dans le cadre des Semaines de la Folie Ordinaire

Dans les jours à venir, nous donnerons les informations sur l’organisation de ces manifestations. Dans l’intervalle, et pour attendre en se documentant, voici le lien de la dernière des 4 émissions que France Culture a consacré à la santé mentale dont l’avant-propos présente le thème :

« Peut-on établir une corrélation entre précarité et maladie mentale ? Si le capitalisme ne crée pas des fous, il crée en tout cas des normes : la rationalité néolibérale tend, en effet, à imposer sa propre définition du sain et du pathologique. Une définition qui peut se muer en outil de contrôle … »

https://www.franceculture.fr/emissions/entendez-vous-leco/a-votre-sante-44-les-malades-du-capitalisme.

Les interviews de Lise Demailly, sociologue et de Mathieu Bellahsen, psychiatre s’adossent à leurs ouvrages :

  • « Sociologie des troubles mentaux« , de Lise Demailly, La découverte 2011
  • « La Santé mentale, vers un bonheur sous contrôle » de Mathieu Bellahsen, La Fabrique, 2014

Et aussi un site ressources qui regorge de références bibliographique et que nous vous recommandons : contrastcollectif.wordpress.com. Et notamment un ouvrage :

« Octobre 2018, l’ouvrage issu des travaux du collectif Contrast est paru

Publié sous la direction de Livia Velpry, Pierre Vidal-Naquet et Benoît Eyraud, et intitulé «Contrainte et consentement en santé mentale – Forcer, influencer, coopérer», l’ouvrage collectif sort aux Editions PUR, collection « Le Sens Social ».  Il rassemble les résultats des enquêtes empiriques menées par les membres du collectif Contrast dans le champ de la santé mentale, contextualisant les dilemmes engendrés autour de la régulation des pratiques de soins. »

Retrouvez les références des ouvrages et des sites ressources sous l’onglet : »Lectures »

Les chocs de l’actualité

Le 22 janvier, la manifestation à l’Appel du Printemps de la Psychiatrie a eu un écho médiatique … mais plus encore le drame de l’incendie à Paris, due à une personne sortie récemment d’une 13ème hospitalisation psychiatrique… en 10 ans.

Dire et répéter jusqu’à l’obsession que le manque de moyens, mais aussi de suivi et d’accompagnement « chronicise » la maladie au risque de terribles effets. Il faut que d’effarants évènements se produisent pour que les médias « s’autorisent » à se pencher sur l’état gravissime dans lequel est plongée la psychiatrie, avant-pont de l’état dans lequel se trouve l’hôpital, la santé … la société…

Les « médias » en parlent certes, cependant dans un moment d’effroi et de stupeur qui risque de rendre le propos inaudible. Voilà pourquoi, nous, familles, patients et soignants du Fil conducteur Psy ne voulons pas agir et réagir à chaud.

Écouter, (ré) écoutez l’émission « 28 mn » d’Arte, en fait 46 mn, à partir du lien ci-après, qui débute à la 14ème mn.

https://www.arte.tv/fr/videos/081632-117-A/28-minutes/

 

 

 

 

Des sites et des liens …

Suivez le fil d’info des manifestations et évènements à venir sur notre blog certes, mais aussi sur les blogs amis et notamment celui qui vient de s’ouvrir « Le printemps de la psychiatrie«   depuis la manifestation du 22 janvier dernier et que vous pourrez retrouver dans la rubrique liens de notre blog

https://printempsdelapsychiatrie.org/

À lire, l’article du nouvelObs, remarquablement intéressant :

https://www.nouvelobs.com/sante/20190124.OBS10443/ce-qui-est-en-crise-c-est-notre-hospitalite-la-psychiatrie-craque.html

À écouter, l’émission de France Inter du samedi 2 février dernier « Comme un bruit qui court » sur la situation de la psychiatrie, et les échos de la manifestation du 22 janvier et puis … l’interview d’un père dont la fille est restée 7 mois à l’isolement

https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court

 

 

22 janvier 2019 … Debout !!

220119 manfi

Nous y étions avec la lecture en duo, d’un texte joint ci-après :

« Félicitations à tous pour cette formidable mobilisation.

Le Collectif des 39 et le Fil conducteur Psy s’associent à tous ces mouvements soutenant un désir puissant de transformation des conditions d’accueil et de soins des patients pour une psychiatrie respectueuse de la restauration du sujet.

Selon la fondation « Fondamental » et les ministères de la Santé successifs, la folie ainsi que toutes les difficultés d’accès aux soins seront résolues par le retour de la psychiatrie dans le giron de la médecine dite scientifique.

Ils reprochent à la psychiatrie de s’être éloignée de la science, alors que c’est précisément parce qu’elle s’est ouverte aux sciences sociales et à la psychanalyse que la psychiatrie s’est humanisée et distinguée de la neurologie.

La régression de la psychiatrie est voulue et soutenue de longue date par une lignée de psychiatres qui s’appuient sur une vision mécaniste de l’homme et de la folie, réduisant ces pathologies à des maladies du cerveau.

Cela fait plus de trente ans que ce courant de pensée, soutenu par nos politiques gouvernementales et les lobbys pharmaceutiques, participe d’un écrasement du sujet au profit d’une logique de tri des malades afin d’écarter du soin les plus difficiles à soigner.

Dans les années 80-90, la moitié des lits sont supprimés. Une partie des malades les plus touchés sont orientés vers des établissements médicosociaux, mais bon nombre sans place se retrouvent dans leur famille et beaucoup glissent dans la rue ou en prison.

Dans les années 2000, la poursuite de la diminution des moyens humains et des capacités d’hospitalisation, associée à cette même rationalité scientifique, attaque fortement la disponibilité, les initiatives et la créativité dans les relations avec les patients et les familles.

Dans ce contexte de contraintes, les professionnels sont de plus en plus démunis face à la souffrance psychique, ce qui entraîne alors les pratiques d’isolement et de contention généralisée pour faire taire les symptômes.

Cette violence exclue la parole en tant que lieu possible d’une restauration du lien.

« Psychiatrie, état d’urgence« , le livre propagande de Fondamental, hyper médiatisé, est une IMPOSTURE : les auteurs ignorent totalement la possibilité d’un soin psychique. Et les professionnels formés à cette conception des maladies mentales,  maladies jugées comme les autres maladies organiques, sont pris dans la logique destructrice du lien thérapeutique.

Les « centres experts » ne sont pas là pour soigner mais pour conférer aux « diagnostics DSM » une irréfutabilité scientifique, puis « trier » et « orienter ». Le patient n’a qu’à obéir à l’autorité des experts, car comme le déclarait le Dr Marion Leboyer sur France Culture, « ce n’est pas son métier de savoir comment se soigner » !!!

Au prétendu bénéfice d’une « meilleure inclusion du patient dans la cité« , les soins au domicile deviendront la norme et accentueront l’abandon des soins relationnels.

Réduire encore et toujours plus les lieux d’accueils, les structures de suivi est encore possible. Les patients les plus touchés seront, encore plus tôt, laissés au bord de la route.

On continue à déplacer la prise en charge au long cours vers les familles livrées à elles-mêmes et de plus démunies, mais considérées comme des « aidants ».

PATIENTS, SOIGNANTS, PARENTS ET TOUT CITOYEN CONCERNÉ PAR LA PSYCHIATRIE ET LA PÉDOPSYCHIATRIE, DÉBATTONS ET SOUTENONS COLLECTIVEMENT DES SOINS PSYCHIQUES ÉMANCIPATEURS DU SUJET EN S’APPUYANT SUR LES EXPÉRIENCES DE CHACUN ET NON PAS SUR DES EXPERTS ASSUJETTIS AUX LABOS,

RÉINVENTONS UNE HOSPITALITÉ POUR LA FOLIE …

DEBOUT POUR LE PRINTEMPS DE LA PSYCHIATRIE !

Le soir même, France Inter consacrait son émission « le téléphone sonne » à la situation de la psychiatrie, en écho à la manifestation.

À écouter ou réécouter en cliquant sur le lien :

https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-22-janvier-2019

 

 

Debout pour le Printemps de la psychiatrie ! Mardi 22 janvier

Nous relayons le texte du Manifeste dont nous sommes signataires que nous reproduisons ci-après.

Printemps de la psychiatrie

Manifeste pour un renouveau des soins psychiques

La psychiatrie et la pédopsychiatrie n’en peuvent plus. Depuis déjà plusieurs décennies, ceux qui les font vivre ne cessent de dénoncer leur désagrégation et de lutter contre le déclin dramatique des façons d’accueillir et de soigner les personnes qui vivent au cours de leur existence une précarité psychique douloureuse. En vain le plus souvent. Ce qui est en crise, c’est notre hospitalité, l’attention primordiale accordée à chacun et à un soin psychique cousu-main, à rebours du traitement prêt-à-porter standardisé qui se veut toujours plus actuel. Les mouvements des hôpitaux du Rouvray, Le Havre, Amiens, Niort, Moisselles, Paris, etc… ont su bousculer l’indifférence médiatique et rendre visible au plus grand nombre le chaos qui guette la psychiatrie. Pour percer le mur du silence, il n’aura fallu rien de moins qu’une grève de la faim …

Devant cette régression organisée, nous nous engageons tous ensemble à soigner les institutions psychiatriques et à lutter contre ce qui perturbe leur fonctionnement. Patients, soignants, parents, personnes concernées de près ou de loin par la psychiatrie et la pédopsychiatrie, tous citoyens, nous sommes révoltés par cette régression de la psychiatrie qui doit cesser. Il s’agit pour nous de refonder et construire une discipline qui associe soin et respect des libertés individuelles et collectives.

Contrairement à la tendance actuelle qui voudrait que la maladie mentale soit une maladie comme les autres, nous affirmons que la psychiatrie est une discipline qui n’est médicale qu’en partie. Elle peut et doit utiliser les ressources non seulement des sciences cognitives, mais également des sciences humaines, de la philosophie et de la psychanalyse, pour contribuer à un renouveau des soins axés sur la reconnaissance de la primauté du soin relationnel. Notre critique de ce qu’est devenue la psychiatrie ne peut faire l’impasse sur la responsabilité de ses gestionnaires.

Les avancées de la recherche scientifique ne peuvent durablement être confisquées par des experts auto-proclamés dont les liens avec l’industrie pharmaceutique sont suspects. Les savoirs scientifiques ne doivent pas servir d’alibi à des choix politiques qui réduisent les sujets à un flux à réguler pour une meilleure rentabilité économique. Nous sommes face à une véritable négation du sujet et de sa singularité, au profit de méthodes éducatives, sécuritaires ou exclusivement symptomatiques. Les interdits de pensée sont devenus la règle d’une discipline où l’on débat de moins en moins. La psyché humaine est tellement complexe qu’elle n’obéit à aucune causalité, simple et univoque, et se moque des réductions idéologiques. Toute approche privilégiant une réponse unidimensionnelle est nécessairement à côté. Nous récusons, dès lors, toute politique d’homogénéisation des pratiques. Une politique qui détruit la cohérence des équipes et instrumentalise la parole des patients fige la capacité d’inventer à force d’injonctions paradoxales, dans la nasse de discours sans épaisseur et mortifères.

Aussi, si le budget de la psychiatrie, sans cesse rogné depuis des années, doit  être largement revalorisé, comme l’exigent toutes les mobilisations actuelles, c’est l’appauvrissement des relations au sein des lieux de soins qui est notre souci premier. La standardisation des pratiques protocolisées déshumanise les sujets, patients et soignants. Le recours massif aux CDD courts, le tarissement organisé de la formation continue, l’inadéquation des formations initiales qui privilégient cours magistraux et visionnages de DVD sans interactions entre les étudiants et leur formateur, contribuent à la désagrégation des équipes au sein desquelles le turn-over est de plus en plus important. La continuité des soins et la cohésion des équipes en sont durablement compromises. Nous devons opposer à cet état de fait la spécificité de la maladie psychique, qui sous-tend la nécessité d’une approche singulière et d’un travail spécifique d’équipes pluridisciplinaires en institution psychiatrique ainsi que dans le médico-social, et la co-construction d’alliances thérapeutiques fécondes avec les personnes accueillies. C’est tout le monde de la psy et des psys, en institution ou pas, qui est concerné.

Nous voulons en finir avec l’augmentation continuelle du recours à l’isolement et à la contention, la contrainte doit cesser d’être la norme. Le droit des patients, hospitalisés ou non, est régulièrement ignoré, parfois volontairement bafoué. Cette violence institutionnelle, régulièrement condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, touche en premier lieu les soignés, mais affecte aussi les soignants. La psychiatrie et le secteur médico-social doivent pouvoir s’appuyer sur des équipes stables avec des personnels non interchangeables quel que soit leur statut. Ils doivent pouvoir bénéficier d’un assise solide qui autorise la parole et propose de véritables évolutions de carrière.

Au-delà du soin, nous voulons travailler à des accompagnements alternatifs, nouer des liens équilibrés avec les différentes associations qui œuvrent dans la cité. Nous voulons multiplier les lieux qui cultivent le sens de l’hospitalité avec un accueil digne et attentif aux singularités de chacun.

Nous nous engageons à participer, organiser, soutenir tout débat, toute action ou mouvement cohérent avec ce manifeste, avec tous les professionnels, leurs syndicats, les collectifs, les associations de familles et d’usagers, et l’ensemble des citoyens qui souhaiteraient soutenir et développer une psychiatrie émancipatrice du sujet.

Nous appelons à participer à la manifestation nationale du 22 janvier à Paris.

RDV devant l’hôtel « Plaza Crowne » 10 Place de la République à partir de 11h

Slogans, banderoles, pancartes, chansons, etc. seront les bienvenus le jour J !

Liste des groupes et syndicats soutenant l’initiative :

 Appel des appels (ADA) ; Association des psychiatres de secteur infanto-juvénile ; Association méditerranéenne de psychothérapie institutionnelle (AMPI) ; CEMEA ; CGT du CH de Lavaur (81) ; Collectif des 39 ; Collectif national des psychologues hospitaliers ; La Criée ; Ensemble ! ; Fédération Des Centres Médico-Psycho-Pédagogiques ; Le Fil conducteur Psy ; Humapsy ; Inter-collèges des psychologues hospitaliers ; PCF ; Pinel en lutte ; Le Point de Capiton ; Les Psy causent ; Psychiatrie Parisienne Unifiée ; Psy soins Accueil ; La Rattroupe, collectif soignant ; Réseau Européen des Santé Mentale Démocratique ; SERPSY ; Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH) ; Fédération Sud Santé Sociaux ; Union Syndicale de la Psychiatrie (USP)