Si par hasard …

Avez-vous entendu l’écho de cette pétition qui vise à bannir la psychanalyse des bancs de l’Université, des tribunaux … Ce n’est pas nouveau mais ce qui l’est, c’est la mise à l’index pour bannir la psychopathologie et la psychanalyse de toutes les sphères de la vie publique. En somme, un appel à l’obscurantisme et à l’ostracisme.

Pour mieux cerner ce que recouvrent ces attaques régulières voici 3 liens avec les contributions sur leur blog « Médiapart », notamment de Paul Machto, de Benjamin ROYER, de Pascal Boissel. Des articles qui permettent de saisir le sens profond de ces tentatives.

https://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/311019/si-par-hasard-tu-croises-la-psychanalyse-friponfais-gaffe?fbclid=IwAR1mjdnqAvFa3JmSC8fdLFFtC46TNDJdn23NhQPirLGXqEz5dtprMjMD_KI. Paul Machto

Des origines économiques des sciences neurocomportementales à leur utilisation politique en psychiatrie et dans l’éducation. Benjamin Royer

https://blogs.mediapart.fr/royer-benjamin/blog/011119/les-sciences-neurocomportementales-nouvelle-avancee-du-neoliberalisme

https://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/031119/la-psychanalyse-mise-au-ban-defendons-la-liberte-de-pensee Pascal Boissel

Et puis, les 4 pages suivantes de la série BD d’une patiente …

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« Je n’écarte pas d’un leste revers de la main l’effarant prodige ….

  • que constitue la possibilité de vivre, d’aimer ou d’échouer dans une gerbe d’écume… » René Char.

Mais ce pourrait être tout autant les mots surgis au détour d’une conversation d’une des personnes interviewées, patient.e.s, très patient.e.s par rapport à un système de soins très maltraitant, de plus en plus maltraitant.

Nous allons vous faire partager une série d’images, une BD d’une patiente qui raconte, en texte et en dessin, le récit de son hospitalisation sous régime (banalisé) d’isolement et de contention. La BD compte 35 pages. Nous livrons les pages par 4, à chacune des rubriques qui suivront au long de ce mois. Puis, une fois l’ensemble des pages BD présentées, la BD complète sera également accessible dans l’onglet « témoignages ».

Et dans cette même rubrique, des liens vidéos d’interviews de patients

Et dans cette même rubrique la couverture et la 4ème de couverture d’un livre remarquable d’une femme remarquable : Marie Rajablat. Elle a oeuvré sur le bateau « l’Aquarius » pour sauver des migrants des flots mortifères. Comme quoi l’humanité est une posture et une leçon de vie ; pas seulement un slogan qui s’arrêterait aux portes du soin.

Et puis, une fois n’est pas coutume, nous sommes en accord avec la lettre que la présidente de l’UNAFAM a adressé aux adhérent.e.s sur le référendum citoyen mis en ligne par le gouvernement sur le Revenu Universel d’Activité, R.U.A. POUR DIRE NON À L’AMALGAME qui vise à fondre l’AAH dans ce vaste ensemble au motif que le système « d’aides sociales » serait un mille feuilles trop compliqué. À grand renfort de pub, de vidéo, d’ateliers coiffés inopinément « d’ateliers citoyens », le gouvernement en appelle à participer. Sauf que L’AAH n’est pas une aide sociale ; elle ne peut être conditionnée à un retour vers l’activité, maître mot des politiques en matière de santé : l’inclusion. Vite, vite réinsérer dans un contexte d’emploi atone depuis des décennies où même les moins fragiles peinent à (re)trouver un emploi. Le seul bémol, c’est que nous disons : ne participez pas à ce référendum qui vise uniquement à permettre au gouvernement de chercher une caution pour « voiler » ses funestes intentions. 

 

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Passport BP

BP ? Non ce n’est pas British Petroleum … Ce sont les huiles du ministère de la santé qui ont commis cet arrêté à l’attention des BiPolaires (BP) pour leur concocter un parcours de soins aux petits oignons et en droite ligne des politiques de « santé ». Car ils coûtent cher ces chers malades. Alors, vite des diagnostics « standardisés » et des parcours de soins suivis par des « case managers« . Où sont-ils donc ces « case » de manager ? Avez-vous déjà rencontré un « case manager » ? Vous pouvez témoigner en nous envoyant un témoignage. Puis pour ne pas faire peur aux malades, c’est leur pharmacien qui vérifiera la « compliance » et le respect de l’ordonnance… et les « hétéro questionnaires » pour aider aux diagnostics, ensuite les applications numériques … ce qui fait dire à un des inscrits sur le fil mail du Printemps de la psychiatrie : « mon médecin est un algorithme » !…

Vous n’y croyez pas ?… hélas, vous pouvez lire l’arrêté que nous mettons en fin d’article.

Pour s’en remettre et se soigner la tête, mieux vaut aller voir le film : « Les heures heureuses » : « Pendant la Seconde Guerre mondiale, 45 000 internés sont morts dans les hôpitaux psychiatriques français. Un seul lieu échappe à cette hécatombe : l’asile de Saint-Alban-sur-Limagnole. À partir de précieuses archives filmées et des récits de ceux qui y ont travaillé, le film nous plonge, sur plusieurs décennies, dans l’intensité d’un quotidien réinventé, où courage politique et audace poétique ont renouvelé le regard porté sur la folie. »

Les heures heureuses

Et l’arrêté … BP !!!

PassportBP

Le dernier rapport parlementaire … des nouvelles du Rouvray et … d’ailleurs, à ce propos …

Le ènième rapport parlementaire sur la psychiatrie présenté à l’Assemblée  le 18 septembre dernier, objet d’un article paru dans le Monde du 20/09/19 dénonce un état des lieux « qui semble se complaire dans le catastrophisme et stigmatise patients et soignants« , selon le communiqué, auquel nous souscrivons, de la Conférence des Présidents de Commissions médicales d’établissements des Centres hospitaliers spécialisés, CME-CHS.

Quelques extraits dudit communiqué :

« Rarement un rapport confondant à chaque page les termes de psychiatrie et de santé mentale ne s’était montré si outrancièrement catastrophiste, reprenant à son compte les difficultés connues et des carences maintes fois dénoncées par les professionnels eux-mêmes, sans qu’il ne soit jamais fait mention des démarches constructives actuelles qu’ils réalisent pour y remédier….
…..Tout se passe comme si ce rapport tombait à point nommé pour en finir avec la psychiatrie publique, et dissoudre son organisation dans un dispositif de santé mentale essentiellement ambulatoire, limitant l’hospitalisation aux soins sans consentement, multipliant des équipes toujours plus mobiles, réduisant des psychiatres à des collaborateurs de centres experts délivrant des programmes standardisés de réhabilitation, des infirmiers de pratiques avancées et des psychologues isolés, et ouvrant la voie à la mise en place d’un dispositif de défense sociale aux antipodes de la conception du soin psychique en France et abondamment critiqué en Europe. Pouvait-on nier plus injustement la réalité de la maladie mentale et la mission de la psychiatrie publique ? »

Y aurait-il encore besoin d’exemples pour illustrer ou venir en appui du propos ?

Les équipes du Rouvray ont repris leur grève, arrêtée sur les décisions annoncées par l’A.R.S entre autres, de renforcement des postes, d’octroi de lignes budgétaires, et puis … RIEN sinon l’arrivée d’un nouveau directeur, venant de l’A.R.S précisément, connu pour mener une gestion de « main de fer » et qui s’acharne à multiplier les déclarations gonflant les chiffres des postes en « équivalent Temps Plein ».

Mais pourquoi donc penser à une certaine série télévisée « mytho » ? Serait-ce le mode de « GOUVERNANCE » en ces temps troubles ?

Dans la rubrique « badNews » et non pas « fakNews », suivez l’actualité juridique en cliquant sur le lien du CRPA, à droite en haut de la page écran. Vous apprendrez que le croisement des données des patients hospitalisés sous contrainte et celles sur les personnes potentiellement en lien avec le terrorisme est bel et bien maintenu.

Mais pourquoi donc penser que les périodes de crises socio-éco, politiques, idéologiques sont des périodes porteuses de toutes les confusions : de rôles, de places, du sens de la chose publique, du langage qui se vide et s’effondre ?

L’actualité foisonne de mouvements sociaux dans le monde hospitalier (si peu hospitalier au demeurant !). Le Printemps de la psychiatrie, lien toujours en haut droit de la page écran, en donne l’écho. Allez-y. Ce sont des sites amis.

Mais alors pourquoi lire, relire, et penser ?

POUR AGIR

  • Lire l’article « Le cauchemar de l’hôpital du futur » paru dans le Monde diplomatique du mois d’octobre qui éclaire avec une acuité singulière, peu connue, les ressorts de la casse des services publics de santé.
  • Lire le dernier livre de Cynthia Fleury, philosophe, psychanalyste :
  • « Le soin est un humanisme« , paru dans la collection tracts Gallimard, n°6. En plus il ne coûte que 3,90 €.
  • Guetter la parution le 14 novembre du livre à la très belle couverture brüghelienne co-écrit par Yves Gigou et Patrice Coupechoux

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La psychotèque

Lionel Belarbi, pensionnaire depuis le 5 novembre 2018 à la
Clinique De La Borde présente son premier livre sur la psychiatrie en France et
surtout ses séjours en psychiatrie aiguë.Pour obtenir le livre en numérique gratuitement contactez-le sur
lionel.belarbi@gmail.com

Voilà ce qu’en dit France Art TV :

« Le témoignage « La psychothèque », est un ouvrage « vrai », et Lionel
narre ses séjours de manière corrosive, mais aussi avec humour ou un
sérieux saupoudré d’anecdotes. C’est cash, sans langue de bois, cru
quelquefois, lorsque l’auteur nous livre un avis très personnel sur le
milieu psychiatrique. On passe facilement du rire aux larmes avec
sincérité dans ce livre témoignage poignant. Même si le mot fou est
souvent source de beaucoup d’humour. D’ailleurs ne le sommes nous pas
tous un peu ?…« Disponible à La Fnac ou sur commande dans toutes les librairies de France.

https://livre.fnac.com/a9314173/Lionel-Belarbi-La-psychotheque

Vous pouvez également passer directement par lui pour l’achat du livre
avec une dédicace. Il réside au secteur de l’extension chambre 16 à
La Borde.

Bonne lecture

P.S deux interviews et sa vision sur la psychiatrie ci-dessous :

Ici
https://putsch.media/20190226/interviews/interviews-culture/lionel-belarbi-la-psychiatrie-et-la-sante-mentale-en-france-sont-couteuses-et-manquent-cruellement-de-financement/

Et là https://france-art.tv/2019/01/23/parenthese-lionel-belarbi

Le décret scélérat

Lettre ouverte à Monsieur Malik Salemkour, Président de la Ligue des Droits de l’Homme

La dégradation continue des services publics de psychiatrie depuis des années faute de moyens, faute de lits, faute de mesures et de structures d’accompagnement s’inscrit dans un cadre de contraintes sécuritaires de plus en plus prégnantes : caméras de surveillance, pratiques de contention et d’isolement devenues banalisées, hospitalisations sous contrainte en hausse.

C’est dans ce contexte que le décret n° 2019-412 du 6 mai, 2019[1] modifiant le décret 2018-383 du 23 mai 2018, autorise les traitements de données à caractère personnel relatifs au suivi des personnes en soin psychiatrique sans leur consentement.

Entre autres données d’identification d’une personne en soin psychiatrique sans consentement déjà fichée depuis la mise en place du fichier HopsyWeb, ce décret autorise que les nom, prénom, date de naissance, fassent l’objet d’une mise en relation avec les données d’identification enregistrées au fichier des personnes surveillées pour radicalisation ou en lien avec le terrorisme, fichier FSPRT.

Le croisement entre ces 2 fichiers constitue une atteinte grave aux droits des patients. Il rend les soignants et les familles complices. Doublement complice. Complice de la désignation à la police de personnes en détresse psychique, en violation du droit des patients, en violation du secret médical pour les professionnels du soin psychiatrique. Depuis plusieurs années, la confusion est entretenue entre maladie mentale, dangerosité et terrorisme

La quasi totalité des représentants institutionnels du monde de la psychiatrie, entre autres, demandent le retrait de ce décret : le Conseil National de l’Ordre des médecins, le syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) ainsi que des associations (UNAFAM) ; y compris l’Association des Etablissements du Service Public en Santé Mentale (ADESM) et plusieurs recours auprès du Conseil d’État sont engagés ou en cours d’engagement.

Nous, Fil Conducteur Psy, réunissant des familles, parents et fratries, des patients et des soignants, tous touchés à des places différentes par la maladie psychique et sa prise en charge, vous demandons d’engager la LDH pour le retrait de ce décret liberticide.

Ce combat s’inscrit dans les missions de lutte contre les discriminations de tous ordres et plus généralement en tout domaine où les droits sont bafoués.

Nous vous remercions par avance de peser de toute la légitimité de la LDH pour faire cesser cette atteinte liberticide aux droits des patients.

Le 3 juillet 2019

Le fil conducteur Psy. Lefilconducteurpsy.com

[1] « Les ARS sont autorisées à utiliser Hopsyweb pour le suivi des personnes en soins psychiatriques sans consentement. Le décret ajoute en premier lieu un alinéa dans la liste de ce que permet le traitement du fichier : « l’information du représentant de l’État sur l’admission des personnes en soins psychiatriques sans consentement nécessaire aux fins de prévention de la radicalisation à caractère terroriste, dans les conditions prévues au livre II de la troisième partie du Code de la santé publique et à l’article 706-135 du Code de procédure pénale ».