Passport BP

BP ? Non ce n’est pas British Petroleum … Ce sont les huiles du ministère de la santé qui ont commis cet arrêté à l’attention des BiPolaires (BP) pour leur concocter un parcours de soins aux petits oignons et en droite ligne des politiques de « santé ». Car ils coûtent cher ces chers malades. Alors, vite des diagnostics « standardisés » et des parcours de soins suivis par des « case managers« . Où sont-ils donc ces « case » de manager ? Avez-vous déjà rencontré un « case manager » ? Vous pouvez témoigner en nous envoyant un témoignage. Puis pour ne pas faire peur aux malades, c’est leur pharmacien qui vérifiera la « compliance » et le respect de l’ordonnance… et les « hétéro questionnaires » pour aider aux diagnostics, ensuite les applications numériques … ce qui fait dire à un des inscrits sur le fil mail du Printemps de la psychiatrie : « mon médecin est un algorithme » !…

Vous n’y croyez pas ?… hélas, vous pouvez lire l’arrêté que nous mettons en fin d’article.

Pour s’en remettre et se soigner la tête, mieux vaut aller voir le film : « Les heures heureuses » : « Pendant la Seconde Guerre mondiale, 45 000 internés sont morts dans les hôpitaux psychiatriques français. Un seul lieu échappe à cette hécatombe : l’asile de Saint-Alban-sur-Limagnole. À partir de précieuses archives filmées et des récits de ceux qui y ont travaillé, le film nous plonge, sur plusieurs décennies, dans l’intensité d’un quotidien réinventé, où courage politique et audace poétique ont renouvelé le regard porté sur la folie. »

Les heures heureuses

Et l’arrêté … BP !!!

PassportBP

Le dernier rapport parlementaire … des nouvelles du Rouvray et … d’ailleurs, à ce propos …

Le ènième rapport parlementaire sur la psychiatrie présenté à l’Assemblée  le 18 septembre dernier, objet d’un article paru dans le Monde du 20/09/19 dénonce un état des lieux « qui semble se complaire dans le catastrophisme et stigmatise patients et soignants« , selon le communiqué, auquel nous souscrivons, de la Conférence des Présidents de Commissions médicales d’établissements des Centres hospitaliers spécialisés, CME-CHS.

Quelques extraits dudit communiqué :

« Rarement un rapport confondant à chaque page les termes de psychiatrie et de santé mentale ne s’était montré si outrancièrement catastrophiste, reprenant à son compte les difficultés connues et des carences maintes fois dénoncées par les professionnels eux-mêmes, sans qu’il ne soit jamais fait mention des démarches constructives actuelles qu’ils réalisent pour y remédier….
…..Tout se passe comme si ce rapport tombait à point nommé pour en finir avec la psychiatrie publique, et dissoudre son organisation dans un dispositif de santé mentale essentiellement ambulatoire, limitant l’hospitalisation aux soins sans consentement, multipliant des équipes toujours plus mobiles, réduisant des psychiatres à des collaborateurs de centres experts délivrant des programmes standardisés de réhabilitation, des infirmiers de pratiques avancées et des psychologues isolés, et ouvrant la voie à la mise en place d’un dispositif de défense sociale aux antipodes de la conception du soin psychique en France et abondamment critiqué en Europe. Pouvait-on nier plus injustement la réalité de la maladie mentale et la mission de la psychiatrie publique ? »

Y aurait-il encore besoin d’exemples pour illustrer ou venir en appui du propos ?

Les équipes du Rouvray ont repris leur grève, arrêtée sur les décisions annoncées par l’A.R.S entre autres, de renforcement des postes, d’octroi de lignes budgétaires, et puis … RIEN sinon l’arrivée d’un nouveau directeur, venant de l’A.R.S précisément, connu pour mener une gestion de « main de fer » et qui s’acharne à multiplier les déclarations gonflant les chiffres des postes en « équivalent Temps Plein ».

Mais pourquoi donc penser à une certaine série télévisée « mytho » ? Serait-ce le mode de « GOUVERNANCE » en ces temps troubles ?

Dans la rubrique « badNews » et non pas « fakNews », suivez l’actualité juridique en cliquant sur le lien du CRPA, à droite en haut de la page écran. Vous apprendrez que le croisement des données des patients hospitalisés sous contrainte et celles sur les personnes potentiellement en lien avec le terrorisme est bel et bien maintenu.

Mais pourquoi donc penser que les périodes de crises socio-éco, politiques, idéologiques sont des périodes porteuses de toutes les confusions : de rôles, de places, du sens de la chose publique, du langage qui se vide et s’effondre ?

L’actualité foisonne de mouvements sociaux dans le monde hospitalier (si peu hospitalier au demeurant !). Le Printemps de la psychiatrie, lien toujours en haut droit de la page écran, en donne l’écho. Allez-y. Ce sont des sites amis.

Mais alors pourquoi lire, relire, et penser ?

POUR AGIR

  • Lire l’article « Le cauchemar de l’hôpital du futur » paru dans le Monde diplomatique du mois d’octobre qui éclaire avec une acuité singulière, peu connue, les ressorts de la casse des services publics de santé.
  • Lire le dernier livre de Cynthia Fleury, philosophe, psychanalyste :
  • « Le soin est un humanisme« , paru dans la collection tracts Gallimard, n°6. En plus il ne coûte que 3,90 €.
  • Guetter la parution le 14 novembre du livre à la très belle couverture brüghelienne co-écrit par Yves Gigou et Patrice Coupechoux

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La psychotèque

Lionel Belarbi, pensionnaire depuis le 5 novembre 2018 à la
Clinique De La Borde présente son premier livre sur la psychiatrie en France et
surtout ses séjours en psychiatrie aiguë.Pour obtenir le livre en numérique gratuitement contactez-le sur
lionel.belarbi@gmail.com

Voilà ce qu’en dit France Art TV :

« Le témoignage « La psychothèque », est un ouvrage « vrai », et Lionel
narre ses séjours de manière corrosive, mais aussi avec humour ou un
sérieux saupoudré d’anecdotes. C’est cash, sans langue de bois, cru
quelquefois, lorsque l’auteur nous livre un avis très personnel sur le
milieu psychiatrique. On passe facilement du rire aux larmes avec
sincérité dans ce livre témoignage poignant. Même si le mot fou est
souvent source de beaucoup d’humour. D’ailleurs ne le sommes nous pas
tous un peu ?…« Disponible à La Fnac ou sur commande dans toutes les librairies de France.

https://livre.fnac.com/a9314173/Lionel-Belarbi-La-psychotheque

Vous pouvez également passer directement par lui pour l’achat du livre
avec une dédicace. Il réside au secteur de l’extension chambre 16 à
La Borde.

Bonne lecture

P.S deux interviews et sa vision sur la psychiatrie ci-dessous :

Ici
https://putsch.media/20190226/interviews/interviews-culture/lionel-belarbi-la-psychiatrie-et-la-sante-mentale-en-france-sont-couteuses-et-manquent-cruellement-de-financement/

Et là https://france-art.tv/2019/01/23/parenthese-lionel-belarbi

Le décret scélérat

Lettre ouverte à Monsieur Malik Salemkour, Président de la Ligue des Droits de l’Homme

La dégradation continue des services publics de psychiatrie depuis des années faute de moyens, faute de lits, faute de mesures et de structures d’accompagnement s’inscrit dans un cadre de contraintes sécuritaires de plus en plus prégnantes : caméras de surveillance, pratiques de contention et d’isolement devenues banalisées, hospitalisations sous contrainte en hausse.

C’est dans ce contexte que le décret n° 2019-412 du 6 mai, 2019[1] modifiant le décret 2018-383 du 23 mai 2018, autorise les traitements de données à caractère personnel relatifs au suivi des personnes en soin psychiatrique sans leur consentement.

Entre autres données d’identification d’une personne en soin psychiatrique sans consentement déjà fichée depuis la mise en place du fichier HopsyWeb, ce décret autorise que les nom, prénom, date de naissance, fassent l’objet d’une mise en relation avec les données d’identification enregistrées au fichier des personnes surveillées pour radicalisation ou en lien avec le terrorisme, fichier FSPRT.

Le croisement entre ces 2 fichiers constitue une atteinte grave aux droits des patients. Il rend les soignants et les familles complices. Doublement complice. Complice de la désignation à la police de personnes en détresse psychique, en violation du droit des patients, en violation du secret médical pour les professionnels du soin psychiatrique. Depuis plusieurs années, la confusion est entretenue entre maladie mentale, dangerosité et terrorisme

La quasi totalité des représentants institutionnels du monde de la psychiatrie, entre autres, demandent le retrait de ce décret : le Conseil National de l’Ordre des médecins, le syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) ainsi que des associations (UNAFAM) ; y compris l’Association des Etablissements du Service Public en Santé Mentale (ADESM) et plusieurs recours auprès du Conseil d’État sont engagés ou en cours d’engagement.

Nous, Fil Conducteur Psy, réunissant des familles, parents et fratries, des patients et des soignants, tous touchés à des places différentes par la maladie psychique et sa prise en charge, vous demandons d’engager la LDH pour le retrait de ce décret liberticide.

Ce combat s’inscrit dans les missions de lutte contre les discriminations de tous ordres et plus généralement en tout domaine où les droits sont bafoués.

Nous vous remercions par avance de peser de toute la légitimité de la LDH pour faire cesser cette atteinte liberticide aux droits des patients.

Le 3 juillet 2019

Le fil conducteur Psy. Lefilconducteurpsy.com

[1] « Les ARS sont autorisées à utiliser Hopsyweb pour le suivi des personnes en soins psychiatriques sans consentement. Le décret ajoute en premier lieu un alinéa dans la liste de ce que permet le traitement du fichier : « l’information du représentant de l’État sur l’admission des personnes en soins psychiatriques sans consentement nécessaire aux fins de prévention de la radicalisation à caractère terroriste, dans les conditions prévues au livre II de la troisième partie du Code de la santé publique et à l’article 706-135 du Code de procédure pénale ».

L’épreuve de la lecture des preuves d’une imposture où l’enfer est pavé de soi-disant bonnes intentions …

Nous avons lu le livre de Leboyer-LLorca, « Psychiatrie, état d’urgence », livre publié par Fondamental en partenariat avec l’Institut Montaigne, think thank  néo libéral à la source des lois de santé et bible du Ministère du même nom, avec le soutien de la Fondation de France.

En préambule, les auteurs chiffrent l’urgence d’agir :

12 millions de Français touchés par des « troubles psychiques », assènent-ils, sans distinguer les « troubles » mineurs et les « troubles » qu’on appelle maintenant « sévères » et qu’on appelait naguère psychoses.

Au passage ce qui nous trouble, c’est qu’il s’agit de « TROUBLES », jamais de maladie ! Maladie, c’est lourd, glauque et tragique, ne relevant pas de la « pensée positive et pragmatique », tournée vers l’agir immédiat !

Autres chiffres : la « santé mentale » coûte, selon les auteurs, 109 milliards d’euros à répartir ainsi :

  • 13,4 pour la prise en charge médicale, 6,3 pour le médico-social
  • 24,4 pour la perte de production
  • 65, pour la perte en qualité de vie

A chacun d’apprécier les deux derniers chiffres et leur pertinence en termes de coût dont le mystérieux calcul échappe à une démonstration « SCIENTIFIQUE » dont l’ouvrage ne cesse pourtant de se réclamer.

État d’urgence, pourquoi ? Trop d’argent dépensé pour des soins et des parcours chaotiques, pour des vies non productives, désinsérées, et privées du « bien- être » tel qu’il est mesuré par des « indicateurs ».

Il y a bien un peu partout de la bonne volonté, de l’innovation, de « bonnes pratiques » que le livre (en patchwork) recense avec une bienveillance œcuménique, des bonnes pratiques qui pourraient améliorer le système, mais qui semblent s’épuiser et épuiser les financements faute de coordination et de modélisation, faute à la base, c’est ce qu’il faut comprendre, d’une psychiatrie « scientifique », dite par les preuves …

… Ou l’épreuve de la bien « pensance » néolibérale.

Or donc, dès qu’un ouvrage se présente sous le masque du gâchis budgétaire en présentant en creux les « bonnes manières gestionnaires », on peut quand même faire un retour réflexif sur ce que signifie ce genre de pensum !

Œcuménisme d’apparence, également, quant à la conception de la maladie : les auteurs reconnaissent des tensions, qu’ils situent au XIX° siècle, entre les tenants de la localisation de la maladie dans les zones du cerveau et la conception unitaire de la folie, comme rapport du sujet au monde. Ils disent « la conciliation [actuellement] possible » entre ces deux conceptions par l’examen des « connexions » du cerveau.

Mais la question du sujet est aussitôt évacuée au profit d’un diagnostic rapide et valide (on ne perdra pas de temps), qu’on pourra établir à l’aide de l’imagerie cérébrale (des connexions du cerveau) et de « machine learning » croisant les données biologiques.

Ces « outils », selon les auteurs, permettront d’éviter les retards de diagnostic, les approximations ou les inadéquations dans les traitements. Ils sont dits utiles dans la prévention du développement de la maladie ou dans la prédiction de la réponse aux traitements.

Ils seraient élaborés par des centres experts, selon le modèle des centres experts du cancer, qui feraient des diagnostics exhaustifs et personnalisés, et orienteraient les patients, munis de recommandations thérapeutiques personnalisées vers les réseaux spécialisés au nombre de 4 : schizophrénie, troubles bipolaires, dépression, autisme, l’autisme aussi dénommé « troubles du neuro développement ».

Ce qui revient à nier le caractère spécifique de la maladie mentale qui n’est pas une maladie comme les autres au sens où la maladie mentale ne peut nier la question d’un sujet désirant, doté d’une parole signifiante : « Le délire parle à ceux qui l’écoutent et l’entendent », au sens de l’entendement.

Le diagnostic versus Fondamental étant posé, comment cette fondation Fondamental voit- elle la prise en charge des patients ?

Au commencement on trouve une apologie de l’invention du secteur, comme idéal de prise en charge ambulatoire, suivant les besoins du patient, accessible et dans la continuité, au cœur de la « communauté de vie ».

Les auteurs font comme s’ils découvraient les vertus du secteur … au moment même où tout est fait pour qu’il se meure … et que leurs propos finissent d’assassiner !

Mais ce système, selon les auteurs, outre qu’il est à bout de souffle, [n’a pas] « réussi à déplacer le centre de gravité de soins de l’hôpital à la communauté ». Soit dit en passant, on ne sait pas ce que le terme anglo-saxon de « communauté » plaqué ici pourrait bien recouvrir.

Pas plus que la « démocratie sanitaire » (loi Kouchner du 4 mars 2002) qui ferait du malade « l’acteur de son parcours de soins », quand tout aura été prédéterminé par le centre expert et que le patient pourra être « suivi en temps réel grâce aux outils connectés » qui le conseilleront et lui prescriront des exercices de relaxation pour « gérer ses émotions ».

Suivi nécessaire, d’autant que le centre expert aura prescrit un traitement personnalisé médicamenteux et un « panier de soins » limité à x séances de psychothérapies « spécialisées » et ciblées, c’est à dire tournées vers des approches de type comportementaliste issues des conceptions béhavioristes, confer Pavlov et les fameux stimuli-réponse. L’Intelligence Artificielle (I.A) y pourvoira avec l’aide des fournisseurs d’accès et les fabricants d’outils numériques, sur les rangs, piaffant d’impatience en attendant les appels d’offres (A.O) juteux …

Effroi de la perspective de l’homme bionique, à l’égal d’une mécanique portée par une vision purement fonctionnaliste et mécaniste. C’est cela que recouvre ce type d’approche.

Reste la question du financement. Un budget global, comme celui actuellement attribué aux hôpitaux psychiatriques, mais qui « freine l’innovation » toujours selon les auteurs.

Leur modèle vient des USA, de la ville de Boston, qui « budgète » des programmes destinés aux structures coordinatrices de la prise en charge. Un forfait par mois leur est versé en fonction du risque de chaque patient. Une partie de leur rémunération est fonction de leur performance selon 104 (!) indicateurs : accès aux soins, coordination, santé et bien- être, comportement, qualité de vie etc etc…

Lecteurs, nous comprenons alors ce qu’est la prise en charge par la communauté. Et ce qu’est une prise en charge ciblée coordonnée à une « médecine de précision ».

Le livre se conclut par 25 propositions dont la création d’une agence ou « opérateur pilote » (comme pour le cancer) qui labelliserait les centres experts spécialisés, définirait des « épisodes de soins » (de 3 mois à un an) et « des forfaits homogènes comparables », ainsi que l’articulation entre médical et médico-social par un « case manager ».

Pour la recherche et l’innovation, la proposition 25 est de « créer les conditions et les incitations pour attirer des partenaires industriels ».

Notre première conclusion que nous creuserons au fil des mois :

Si les fous ne veulent pas entendre raison après tout le bien que l’ouvrage et ses auteurs leur veut … l’issue sera encore et  toujours de disposer de l’enfermement et de sa trop fréquente associée, la contention, comme « l’ultime recours », banalisé au quotidien des hospitalisations sous contrainte.

Quant au sujet, il semble, selon les auteurs, n’avoir existé qu’au XIX° siècle. La restauration du sujet, la réappropriation de son histoire, la réintégration dans une relation humaine sont sortis du vocabulaire au profit « du comportement », du « bien être » etc…

Quand on sait d’expérience quel effondrement il peut y avoir dans la folie, on reste stupéfait à lire le produit de la doxa néo-libérale, qui tient la corde auprès des pouvoirs publics. Cette doxa si lucidement analysée par Mathieu Bellahsen dans son livre, « La santé mentale, Vers un bonheur sous contrôle », préface de Jean Oury, La fabrique éd.

Cette doxa, si lucidement expliquée également par Miguel Benassayag, psychanalyste et philosophe à écouter en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

Le cerveau considéré comme un capital …

À LIRE …

« INSOUSCIANCES  du CERVEAU« , précédé de « Lettre aux écervelés« , d’Emmanuel Fournier –philosophe, médecin, professeur enseignant l’éthique et la physiologie à Sorbonne Université. Editions de l’éclat. 2018. 18 euros

Ouvrage dans lequel vous pourrez (re)découvrir un texte prophétique de Tocqueville rédigé il y a 200 ans dans son livre « De la démocratie en Amérique » en s’inquiétant de voir sombrer les démocraties dans la servitude volontaire et doucereuse.

Il théorisait le caractère bienveillant de ces mises sous tutelle administratives, homogénéisantes et excluantes.

«Je pense donc que l’espèce d’oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédée dans le monde(…) Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits plaisirs dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux retirés à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux mais il ne les voit pas ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul. Au dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge  d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux (….) Il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leur principales affaires (…) Que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? »

Où la fortune de l’idée de cerveau est décryptée avec une féroce clairvoyance.

Et aussi

deux articles cet automne consacrés l’un à la fondation Fondamental (https://www.bastamag.net/Fondamental-la-fondation-qui-veut-sauver-la-psychiatrie-en-partenariat-avec-les), l’autre consacré à la privatisation à l’œuvre dans la psychiatrie (https://www.bastamag.net/Ces-grands-groupes-de-sante-prives-qui-comptent-bien-profiter-de-l-agonie-de-l)

Écouter, lire …

Pour commencer, à réécouter la remarquable émission « Comme un bruit qui court« ,

diffusée samedi 27 avril sur France Inter, « La pédopsychiatrie à la peine » sur https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-27-avril-2019

Et aussi, ou encore, toujours sur France Inter, vers une ubérisation de la psychiatrie, le coût humain du management :
https://www.franceinter.fr/emissions/le-focus-de-la-semaine/le-focus-de-la-semaine-27-avril-2019

Pour continuer, à lire …